Consentement cookies

Ce site utilise des services tiers qui nécessitent votre consentement. En savoir plus

Aller au contenu
Advertisement
  • Flash Info

    Jubilé 2025 Année Sainte à Rome: pèlerinages et événements ouverts
    Carême 2026 Découvrez les initiatives diocésaines
    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
    no_image
    Mgr Jaime Spengler, archevêque de Porto Alegre (Brésil), sera créé cardinal le 7 décembre 2024 © DR

    Mgr Jaime Spengler, un profil de cardinal influent en Amérique latine

    Régulièrement d’ici au consistoire du 7 décembre 2024, I.MEDIA publie des portraits des cardinaux électeurs désignés par le pape François le 6 octobre dernier. Premier portrait de la série: Mgr Jaime Spengler, archevêque de Porto Alegre, au Brésil.

    Parmi les 21 futurs cardinaux que le pape François créera le 8 décembre prochain figure Mgr Jaime Spengler, 64 ans, archevêque de Porto Alegre. Ce théologien franciscain, fin diplomate et homme de dialogue, sera le septième cardinal électeur du Brésil. Ces dernières années, l’archevêque au profil pastoral proche du pape François a acquis une carrure internationale, assurant désormais la présidence du Conseil épiscopal latino-américain (Celam).

    Origine allemande

    «Trois choses me font peur: les maçons, les dentistes et les journalistes. Les maçons et dentistes parce que lorsqu’ils commencent, on ignore quand ça finira et combien ça coûtera, et les journalistes [parce qu’on ignore] où nous conduisent leurs questions.» C’est ainsi que Mgr Jaime Spengler s’est présenté devant la presse, déclenchant les rires lors d’un briefing au Vatican deux jours après l’annonce de son cardinalat.

    Jaime Spengler est né le 6 septembre 1960 à Gaspar, dans l’État de Santa Catarina, une région du sud du pays comptant de nombreuses familles d’ascendance allemande, comme la sienne et celle de l’archevêque de Manaus, Leonardo Steiner, cardinal depuis 2022.

    Entré jeune – à 21 ans – au noviciat de l’Ordre des franciscains en 1982, il y a fait sa profession religieuse en 1985. Après des études de philosophie et de théologie, notamment à Petrópolis, il s’est spécialisé dans les études bibliques à l’Institut théologique de Jérusalem.

    Ordonné prêtre le 17 novembre 1990 dans sa ville natale, il a d’abord enseigné au sein du noviciat franciscain de Rodeio, avant de se rendre à Rome pour un doctorat en philosophie à l’Université pontificale Antonianum, publiant en 2000 une thèse sur «L’ordre comme statut ontologique de l’existence humaine chez Pascal». Le théologien a ensuite reçu plusieurs charges universitaires et en paroisse – professeur de philosophie, vice-recteur d’institut de formation, vicaire paroissial –, notamment dans le diocèse de Curitiba.

    Une ascension rapide dans la hiérarchie de l’Église

    Le 10 novembre 2010, Benoît XVI le nomme évêque auxiliaire de Porto Alegre, dixième ville du pays en population (1,3 million d’habitants dont plus de la moitié de catholiques), pour assister l’archevêque en place, Mgr Dadeus Grings. Mgr Spengler est consacré évêque le 5 février 2011 et moins de trois ans plus tard, le 18 septembre 2013, il est promu à la tête de l’archidiocèse par le pape François. À seulement 53 ans, il devient le plus jeune archevêque du pays, qui compte près de 500 évêques.

    Au fil des ans, son profil acquiert un certain poids dans le paysage catholique brésilien. En mai 2019, il est élu vice-président de la puissante Conférence des évêques du Brésil (CNBB). Quatre ans plus tard, le 24 avril 2023, il est élu président pour le mandat 2023 – 2027. Le 17 mai 2023, il est également propulsé à la présidence du Celam, réseau créé par le Saint-Siège qui regroupe tous les évêques du sous-continent.

    Un profil de cardinal bergoglien

    Au Brésil, il n’hésite pas à se faire l’avocat de la cause du peuple, critiquant publiquement les choix politiques et économiques dans son pays où «un très petit pourcentage de la population concentre l’essentiel des richesses entre ses mains». Il a aussi déjà un pied dans la Curie romaine, étant membre du dicastère pour le Culte divin et la discipline des sacrements depuis le 1er juin 2022.

    Lors de l’angélus du 6 octobre dernier, le pape François a prononcé son nom dans la liste des 21 cardinaux qu’il créera le 8 décembre. Le prélat confiera deux jours plus tard qu’il était en train de lire un ouvrage du cardinal Carlo Maria Martini – cardinal italien pionnier notamment dans le dialogue avec les non-croyants – lorsqu’il a appris la nouvelle.

    Ses postes à haute responsabilité à la CNBB et au Celam en faisaient un candidat logique au cardinalat. Pourtant, Porto Alegre n’était pas un siège cardinalice, souligne la vaticaniste brésilienne Mirticeli Medeiros. Dans l’histoire du Brésil, rappelle-t-elle, Porto Alegre n’a connu qu’un seul cardinal avant lui, Alfredo Scherer – qui fut le seul représentant de l’Amérique latine à participer à la session du Concile Vatican II de 1967.

    Défenseur de Fiducia

    Selon la journaliste, cette nomination est motivée par la responsabilité de Mgr Spengler au Celam, qu’elle considère «une organisation partenaire à l’avant-garde des réformes de François». Mais aussi pour le profil politique de l’archevêque, qui sait «aborder les questions progressistes de manière […] diplomatique».

    En décembre 2023, l’archevêque de Porto Alegre a défendu la déclaration controversée Fiducia supplicans du dicastère pour la Doctrine de la foi ouvrant la voie à la bénédiction des couples homosexuels. Pointant du doigt «un moralisme exacerbé», il a souligné qu’il s’agissait «de personnes [qui] méritent aussi notre respect». Il a également estimé que toute controverse devait être abordée avec un effort appuyé de «compréhension».

    «Franchise et ouverture» sur le célibat sacerdotal

    Ses premières paroles publiques comme cardinal désigné ont été scrutées dans le cadre du Synode sur la synodalité auquel il participe actuellement à Rome. Lors d’un briefing le 6 octobre, Mgr Spengler a fait couler de l’encre en envisageant – avec une grande prudence – l’éventualité d’ordonner prêtres des hommes mariés déjà diacres permanents. «J’oserais dire, au moins pour moi dans la réalité où je me trouve – parce que les réalités sont différentes, je crois qu’on ne peut pas généraliser –, qu’à partir de l’expérience du diaconat permanent, nous verrons peut-être si dans un avenir pas trop lointain, l’un ou l’autre de ces hommes pourrait être ordonné prêtre pour une communauté spécifique», a-t-il déclaré.

    Reconnaissant que cette question purement «disciplinaire» était «délicate», il a ajouté: «Je ne sais pas si la possibilité que des hommes mariés servent comme prêtres est ou pourrait être la meilleure solution, mais nous avons besoin de franchise et d’ouverture sur cette question.»

    Dans cette première intervention devant la presse après l’annonce de son intégration au sein du collège cardinalice, Mgr Spengler a aussi exprimé sa conviction que «le monde écoute plus les témoins que les maîtres», et que toute autorité dans l’Église devait découler «d’un témoignage éthique, moral et religieux”. (cath.ch/imedia/ak/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

    Les droits de l'ensemble des contenus de ce site sont déposés à Cath-Info. Toute diffusion de texte, de son ou d'image sur quelque support que ce soit est payante. L'enregistrement dans d'autres bases de données est interdit.

    Actualités liées

    Articles les plus lus