«Les pauvres ne sont pas une distraction pour l’Église, ils sont nos frères et sœurs les plus aimés», affirme le pape Léon XIV dans son Message pour la Journée mondiale des pauvres, qui se tiendra le 16 novembre 2025. Aider les pauvres est «une question de justice avant d’être une question de charité», souligne le pontife.
La Journée mondiale des pauvres a été lancée par le pape François après le Jubilé des sans-abri organisé par l’association Fratello, au cours de l’Année de la miséricorde (2016). Le pontife argentin avait institué une journée dédiée uniquement aux pauvres, fixée au 33e dimanche du temps ordinaire.
Le premier message rédigé par le pape Léon XIV à cette occasion et diffusé le 13 juin, fête de saint Antoine de Padoue, patron des pauvres, est intitulé "C’est toi mon espérance". Il commence en rappelant que «la plus grande pauvreté consiste à ne pas connaître Dieu", et que les richesses de ce monde "ne suffisent pas à rendre le cœur heureux". Le pape explique ensuite que le pauvre, privé du bien-être économique et des plaisirs du monde, est plus à même de se détourner de ces "espérances éphémères" pour chercher le "véritable trésor" offert par Dieu, et que le pauvre peut dès lors être le témoin d’une "espérance forte et fiable".
L’espérance chrétienne, poursuit-il, trouve sa source dans la mort et la résurrection de Jésus, et la "promesse" de son retour parmi les hommes. Faisant référence à saint Augustin, le pontife insiste cependant sur le fait que la perspective de la "cité de Dieu" – le paradis, "véritable horizon de la vie" – engageait "pour la cité des hommes", et que cette dernière doit donc "commencer à lui ressembler".
Pour vivre cette espérance, "c’est de charité que nous avons besoin aujourd’hui, maintenant", souligne le pontife. "Celui qui manque de charité […] non seulement manque de foi et d’espérance, mais enlève l’espérance à son prochain", met-il en garde.
Invitant les chrétiens à "assumer sans tarder" leur responsabilité vis-à-vis des plus pauvres, Léon XIV affirme que "la pauvreté a des causes structurelles qui doivent être affrontées et éliminées". Il insiste notamment sur l’importance d’avoir des politiques publiques dans les domaines de la santé et de l’éducation pour "accueillir les plus faibles et les plus marginaux", déplorant que "les guerres et les inégalités l’empêchent encore souvent".
"Secouer l’indifférence"
Cependant, le pape voit dans le développement de foyers d’accueil, de communautés pour mineurs, de centres d’écoute et d’accueil, de cantines pour les pauvres, de dortoirs ou d’écoles populaires un "signe d’espérance" à même de "secouer l’indifférence" de notre temps pour les plus démunis. Et d’insister : "Les pauvres ne sont pas une distraction pour l’Église, ils sont nos frères et sœurs les plus aimés, car chacun d’eux, par son existence et aussi par les paroles et la sagesse dont il est porteur, nous invite à toucher du doigt la vérité de l’Évangile."
Invitant à placer les pauvres au cœur de l’action pastorale comme "sujets créatifs", le pape met en garde contre le risque de se résigner "face à la succession de nouvelles vagues d’appauvrissement". Plaidant pour une économie qui rende accessibles les fruits du travail des hommes "de manière équitable", il affirme qu’aider les pauvres est "une question de justice avant d’être une question de charité". (cath.ch/imedia/cd/mp)