Après un partenariat de cinquante-trois ans, entre l’Etat et l’Eglise catholique, dans le domaine de l’éducation, le gouvernement du Mali a mis fin à sa subvention annuelle aux écoles privées catholiques qui compte un réseau de 138 établissements scolaires, accueillant environ 40'000 élèves et 1'613 enseignants.
La décision d’arrêt des subventions du gouvernement malien met en difficulté le réseau d’éducation de l'Eglise catholique. La décision entrée en vigueur le 30 juin, a été définitive le 19 juillet, après une phase de transition de deux semaines. Elle marque un changement important dans les relations entre le gouvernement et l’Eglise catholique du Mali. Un accord bilatéral avait été signé dans ce sens, en avril dernier.
Principe de laïcité
Un an plutôt, en avril 2024, le gouvernement de transition en place au Mali depuis 2021, avait déjà annoncé à l’Eglise catholique, son intention d’arrêter cette subvention annuelle, pour appliquer «rigoureusement le principe de laïcité, consacré par la nouvelle Constitution», adoptée par référendum, en juillet 2023. Il s’agit d’un "souci d’égalité de traitement entre établissements publics, privés confessionnels et laïcs", avait poursuivi le gouvernement, soulignant aussi «la nécessité de rationaliser" l’utilisation des fonds publics, dans un contexte de crise sécuritaire et de raréfaction des ressources de l’Etat.
A la suite de négociations entre les deux parties, les autorités ont accepté de poursuivre le soutien aux écoles catholiques jusqu’à la fin de l’année 2024-2025. Dans ce cadre, il a mis à la disposition de la Conférence épiscopale (CEM) une subvention de 2,8 milliards de francs CFA (3,9 millions de CHF), afin de prendre en charge le salaire des enseignants du privé catholique.
En outre, le gouvernement s’est également engagé à prendre en charge une partie des arriérés de subvention d’un montant de 1,5 milliard de francs CFA (2,1 millions de francs CHF), à renoncer à la dette fiscale de l’enseignement catholique, estimée à plus de 494 millions de francs CFA (702'409 CHF).
Une décision brutale
Pour la CEM, l’arrêt de subvention de l’Etat reste néanmoins une "décision brutale". Aussi, a-t-elle promis de tout mettre en œuvre pour permettre au plus grand nombre de ses écoles de poursuivre leurs activités. Elle rappelle aussi la "crise financière sans précédent" que traverse le pays, marquée par des retards de paiement de l’Etat, depuis plusieurs années. Ce qui avait contraint certains diocèses, à s’endetter pour faire fonctionner leurs écoles. (cath.ch/ibc/mp)