La loi sur l'aide au suicide adoptée par le Parlement slovène en juillet dernier a été rejetée lors du référendum populaire du 23 novembre 2025.
Lors du référendum de dimanche, 53 % des votants se sont prononcés contre la loi sur l'aide au suicide adoptée en juillet par le Parlement à Ljubljana. Le taux de participation était d'environ 41%; les votes négatifs ont donc dépassé le seuil d'au moins un cinquième des personnes ayant le droit de vote, requis pour rejeter la loi. Le Parlement ne pourra pas voter à nouveau sur une loi relative à l'euthanasie avant au moins un an.
L'Église catholique a salué le «non» des Slovènes à la légalisation de l'euthanasie. Chaque vie humaine est précieuse et doit être protégée comme une valeur suprême à toutes les étapes et quelles que soient les circonstances, jusqu'à la mort naturelle ; le résultat du référendum montre que cette idée s'est imposée, a déclaré le président de la Conférence épiscopale, Mgr Andre Saje.
Un signal clair adressé à l'Etat
Le résultat du référendum de dimanche est « un signal clair adressé à l'État et à l'ensemble de la société, indiquant que nous devons faire davantage pour développer et rendre accessibles des soins palliatifs de haute qualité », a ajouté Mgr Saje. Il a également appelé à renforcer le système de santé et à soulager le personnel médical, exigeant de meilleures conditions pour les soins aux malades et aux personnes âgées.
Lors d'un premier référendum il y a environ un an et demi, une majorité de près de 55% des votants s'était prononcée en faveur de l'adoption par le Parlement d'une loi autorisant l'aide au suicide. La loi, présentée à l'été 2025 par un groupe de députés des partis de la coalition Mouvement de la liberté (GS), des sociaux-démocrates (SD) et de la gauche, et adoptée par le Conseil national, prévoyait que les adultes atteints d'une maladie grave et incurable qui «souffrent de manière insupportable» pourraient à l'avenir bénéficier d'une aide au suicide sous certaines conditions, et réglementait le rôle des médecins dans cette assistance.
Une initiative de la société civile menée notamment par l'activiste catholique Ales Primc a réussi, après la décision du Parlement, à recueillir les 40’000 signatures nécessaires pour organiser un référendum sur la loi. Les partis d'opposition, les Églises et les communautés religieuses de Slovénie, mais aussi plusieurs associations de médecins et de soignants s’étaient prononcés en faveur du rejet de la loi en demandant le développement des soins palliatifs et de l'accompagnement psychosocial.
Ales Primc a déclaré après le vote de dimanche que « la compassion, la solidarité et la justice » avaient triomphé. Les Slovènes auraient choisi une « culture de la vie » plutôt qu'une « culture de la mort ».
Le Premier ministre Robert Golob, favorable à la loi a déclaré que même si le projet de loi actuel avait été rejeté, «le défi auquel nous sommes confrontés reste d'actualité». La question du suicide assisté n'est pas une question politique, mais « une question de dignité, de droits humains et de décision individuelle », a-t-il estimé. (cath.ch/kap/mp)