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    Notre-Dame de Guadalupe, patronne de l'Amérique latine, dans son sanctuaire de Mexico © Jacques Berset

    Les mythes populaires sur Notre-Dame de Guadalupe: réalités ou fictions?

    Près de 500 ans après l'apparition de Notre-Dame de Guadalupe - dont l'Église célèbre la fête le 12 décembre - son image ‘miraculeuse’ est devenue le sujet de plusieurs mythes et légendes populaires, en particulier au Mexique.

    L’histoire veut que la Vierge soit apparue en 1531, à Mexico, à un Indien converti du nom de Juan Diego. Comme trace de son passage, la Vierge aurait laissé son image sur la manteau de l’indigène. Cette image, qui attire encore chaque année des millions de pèlerins, posséderait des propriétés tout à fait particulières.

    Entre mythes, légendes et réalité, le Père Eduardo Chávez, prêtre de l'archidiocèse de Mexico, et postulateur de la canonisation de Juan Diego a fait le point avec l’agence catholique aciprensa.

    Une image non faite de main d’homme

    La première question concerne la nature même de l’image. La tradition veut qu’elle n’a pas été faite de main d’homme. Pour le Père Chávez, l'idée que l'image ait été peinte est «tout simplement impossible», car, entre autres détails importants, la tilma (le manteau) de Juan Diego ne porte aucun coup de pinceau. «Il s'agit d'une empreinte, d'une gravure en tant que telle», a-t-il souligné. « Il n'y a pas non plus deux ou trois images placées l'une sur l'autre, comme certains le prétendent.

    Une image à chaleur humaine?

    Une autre croyance veut que l'image de Notre-Dame de Guadalupe ait la même température qu'un corps humain. L'image est formée sur un tissu fait de fibres végétales, un agave appelé ‘ixotl’. “Elle n'a pas la même température que celle d'un être humain”, conclut le Père Chavez.

    Des yeux qui bougent?

    Des fidèles racontent, notamment sur les réseaux sociaux, que les yeux de la Vierge se dilatent ou bougent lorsqu’on éclaire vivement l’image. “Non ce n’est pas le cas”, tranche le Père Chavez. Par contre, même pour les ophtamologues, les yeux de la Vierge semblent être humains, et ressemblent à une photo avec la profondeur et le reflet d'un œil humain.

    Pas de signes cachés

    En réponse à ceux qui affirment voir le mot ‘paix’ inscrit sur l'image, M. Chávez n’en voit nulle part. Lors de l’apparition la Vierge s'exprimait en náhuatl, la langue indigène, et Juan Diego a ensuite traduit ses propos.

    Certains parlent encore d’une lumière miraculeusement projetée sur le ventre de la Vierge de Guadalupe. Pour Chávez, «il est difficile de savoir s'il s'agissait d'un miracle, car nous ne savons pas si c'est un rayon de lumière qui a frappé par hasard l'un des objets métalliques à proximité, projetant une lumière sur son utérus». Mais “le fait qu'elle a un ruban sombre sur le ventre signifie qu'elle est enceinte et que, par conséquent, Jésus se trouve dans son utérus”. En ce sens elle défend la vie.

    Basilique  Santa Maria de Guadalupe
    Basilique Santa Maria de Guadalupe © basilica.mxv.mx

    Une image musicale

    Une étude a permis de découvrir dans les étoiles et les fleurs de l’image comme une partition de musique. Le Père Chavez confirme: “Sur la base d'une analyse mathématique, le Mexicain Fernando Ojeda a découvert de la musique dans l'image de la Vierge de Guadalupe. Il a esquissé et retrouvé une mélodie.

    Des analystes ont répété la même expérience avec des copies de peintures des XVIe et XVIIe siècles, «où les étoiles et les fleurs sont placées à la discrétion du peintre», mais la seule chose qu'ils ont produite était «du bruit, pas de l'harmonie». Pour le prêtre on peut donc dire que de la musique sort de l’image.

    Intacte depuis cinq siècles    

    Pour le Père Chavez, le caractère miraculeux de l'image est surtout attesté dans la mesure où elle perduré depuis presque 500 ans sur un tissu fragile tout en subissant divers outrages comme le déversement accidentel d’un acide en 1784 et l’explosion d’une bombe le 14 novembre 1921.

    Une déesse aztèque?

    Pour certains spécialistes, la Vierge de Guadalupe serait une adaptation catholique de la déesse aztèque Tonantzin Cihuacoatl, la femme serpent, symbole de fertilité. Le Père Chavez réfute cette interprétation: “Elle s'appelle Tonantzin, ce qui signifie ‘notre vénérable mère’ comme le disent affectueusement les indigènes. C'est un titre, ce n'est pas de l'idolâtrie ». D’ailleurs “les missionnaires du XVIe siècle n'auraient jamais inventé un ‘costume’ pour une déesse païenne.”

    Un dernier aspect de l’histoire veut que l’évêque Juan de Zumárraga ait maltraité Juan Diego. «Bien que la Vierge de Guadalupe ait choisi de parler à un laïc, le sanctuaire qu'elle a demandé ne pouvait se faire sans l'autorité de l'évêque», explique le Père Chávez. Selon lui, ce sont les serviteurs qui ont maltraité Juan Diego lorsqu'il est allé voir l'évêque. L'évêque franciscain «ne l'a jamais maltraité, au contraire ; il l'a traité avec affection» ainsi qu'avec «beaucoup de respect et de dignité». (cath.ch/acip/mp)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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