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    Les catholiques brésiliens critiquent la lenteur de la réforme agraire sous Lula

    La Commission pastorale de la terre (CPT) de la Conférence épiscopale brésilienne a réalisé un bilan mitigé de la réforme agraire sous la présidence d’Inacio Lula. Même si des progrès ont été faits, l’organisation catholique déplore la lenteur et le sous-financement du programme.

    La réforme agraire au Brésil consiste à redistribuer des terres agricoles — principalement les grandes propriétés peu exploitées ou improductives — à des paysans sans terre ou à de petits agriculteurs, afin de réduire les inégalités foncières et favoriser la justice sociale et le développement rural.

    Le Brésil est marqué par une forte concentration des terres depuis l’époque coloniale. Aujourd’hui encore, une petite minorité de propriétaires détient une grande partie des terres agricoles, tandis que des millions de ruraux n’ont pas accès à la terre.

    La réforme agraire est un vieux 'serpent de mer’, au Brésil. Officiellement lancée dans les années 1960, elle n’a jamais pu se concrétiser et a été régulièrement bloquée par les présidents de droite, notamment Jair Bolsonaro. Beaucoup d’espoirs ont donc été mis sur le président Lula, qui avait fait de la réforme agraire l’un de ses chevaux de bataille électoraux.

    L’agro-industrie encore privilégiée

    Dans un bilan 2025, la CPT a reconnu des mesures importantes prises par le président de gauche, rapporte le site américain Crux (9 février 2026). La plus significative depuis le début de son troisième mandat en 2023 ayant été la réinstauration du ministère du Développement rural et de l'Agriculture familiale. L’instance avait été supprimée par Jair Bolsonaro (2019-2022).

    Lula a également repris les discussions avec les mouvements populaires formés par les paysans, les travailleurs ruraux et les membres des communautés traditionnelles, écoutant leurs revendications et créant des programmes gouvernementaux pour les aider, selon le document.

    Mais pour la Commission de la Conférence épiscopale, ces gestes n'ont pas été suffisants, étant donné que le budget consacré à la réforme agraire reste faible, alors que la plus grande part de fonds publics va à l’agro-industrie.

    Une réforme pas assez ambitieuse

    Le gouvernement Lula s'est montré très prudent dans la mise en œuvre de l'expropriation et de la redistribution des terres. Il a opté pour une négociation de l'achat des terres avec les propriétaires plutôt que de procéder à leur expropriation. Une stratégie qui, pour la CPT, finit par servir davantage à «renflouer les entreprises en faillite» et à «résoudre les problèmes de l'agro-industrie qu'à répondre aux demandes des communautés paysannes».

    Selon Plácido Junior, coordinateur de la CPT dans l'État de Pernambuco et l'un des auteurs du document, le gouvernement brésilien a tendance à considérer la réforme agraire comme une sorte de programme social, alors qu'elle devrait en fait être une vaste réforme structurelle de l'économie brésilienne.

    Les mains liées de Lula?

    Car aujourd'hui, le processus d’accaparement des terres se poursuit, en particulier en Amazonie, où de nombreux éleveurs envahissent des terres protégées, les déboisent et les convertissent à la monoculture (en particulier le soja et le maïs) ou à l'élevage bovin.

    Des actions parfois accompagnées de violences. En 2025, au moins 26 personnes – dont des travailleurs ruraux et des militants autochtones – ont été tuées dans des conflits fonciers. Cela alors que le modèle agricole industriel est extrêmement néfaste non seulement pour les populations, mais aussi pour l'environnement, rappelle Placido Junior.

    Mgr José Ionilton de Oliveira, évêque de Marajó et directeur de la CPT, indique à Crux que même si l'administration Lula a sans aucun doute fait des progrès par rapport à celle de Bolsonaro, le processus est trop lent. Le problème vient en partie de ce que le président doit donner un certain nombre de gages aux lobbies de l’agrobusiness.  Afin de pouvoir gouverner le pays, il a formé une large coalition qui comprend des blocs politiques opposés à la réforme agraire. (cath.ch/crux/arch/rz)

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