En 2025, le collège des cardinaux va perdre 14 membres, qui atteindront l’âge de 80 ans à partir duquel il n’est plus possible de participer à un conclave. I.MEDIA présente ces cardinaux – Schönborn, Radcliffe, Sarah… – qui sortiront du collège des électeurs, ainsi que les conséquences de cette évolution pour cette institution chargée d’élire le futur pape.
Plus de 10% des membres du collège cardinalice vont en sortir en 2025. Sauf décès ou nouveau consistoire, le nombre des cardinaux électeurs devrait passer de 139 à 125, soit un chiffre toujours supérieur à la limite maximale fixée par Paul VI, qui est de 120 électeurs. Cependant, depuis le début de son pontificat, le pape François interprète ce chiffre comme un minimum en dessous duquel il s’efforce donc de ne pas descendre.
Un collège toujours plus bergoglien
En 2025, le collège des cardinaux électeurs va perdre son membre le plus ancien, le cardinal Vinko Puljić, ancien archevêque de Sarajevo en Bosnie-Herzégovine qui a été créé cardinal par le pape Jean Paul II en 1994, en pleine guerre des Balkans. Si on ajoute le 80e anniversaire du cardinal autrichien Christoph Schönborn en janvier (consistoire de 1998), le collège électeur ne comptera plus que 4 cardinaux créés par le pape polonais: le cardinal ghanéen Peter Turkson, le cardinal hongrois Peter Erdö, le cardinal croate Josip Bozanic et le cardinal français Philippe Barbarin.
Quant aux cardinaux créés par Benoît XVI, ils ne seront plus que 19 (soit 15% des cardinaux) à avoir le droit de participer à un conclave suite au 80e anniversaire de 4 cardinaux créés par le pontife allemand: le cardinal espagnol Antonio Cañizares Llovera, le cardinal indien George Alencherry, le cardinal guinéen Robert Sarah et le cardinal polonais Stanisław Ryłko. En conséquence, à la fin de l’année prochaine, le pape François aura créé plus de quatre cardinaux sur cinq du collège électeur.
Recul de l’Europe et de l’Afrique, progrès de l’Amérique
En 2025, 8 cardinaux électeurs européens dépasseront les 80 ans, ce qui aura pour effet de confirmer la baisse du nombre de cardinaux du Vieux Continent dans le collège électeur – ils seront 38%, contre 52% en 2013. Autre tendance importante: un recul de l’Afrique, qui ne représentera plus que 12% du collège cardinalice à la fin de l’année prochaine contre 13% en 2024 – mais seulement 10% en 2013.
Du côté des continents qui progressent en 2025, on trouve l’Amérique dans son ensemble (+2,3 points en un an), mais surtout l’Amérique du Nord qui retrouvera presque sa place de 2013 (12%). L’Asie, malgré la sortie de 2 cardinaux, restera stable, et continue surtout d’être la grande gagnante du pontificat (18% prévu fin 2025 contre 8% en 2013).
Un nouveau protoprêtre pour le conclave
Jusqu’au 8 septembre prochain, en cas de conclave, le cardinal Vinko Puljić sera le cardinal protoprêtre (doyen d'ancienneté du Collège des cardinaux, ndlr) et devra donc prononcer la prière formelle lors de l’inauguration du nouveau pape. Cela ne sera plus le cas après son 80e anniversaire. L’archevêque émérite de Sarajevo sera alors remplacé par le cardinal Peter Turkson, actuel chancelier de l’Académie pontificale des sciences. Le cardinal Puljić a été créé en 1994 par Jean Paul II, ce dernier ayant été impressionné par le courage de l’évêque en pleine guerre des Balkans. Très discret aujourd’hui, il est à la retraite depuis 2022.
Une autre figure très importante du collège cardinalice qui perdra son droit de vote est le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne depuis 1995, qui fêtera ses 80 ans le 25 janvier. Ce fils d’aristocrates et membre des dominicains continue d’avoir un rôle clé aujourd’hui, malgré une santé fragile. Outre le fait qu’il dirige toujours son archidiocèse, il a été nommé par le pape à la tête du conseil supervisant l’Institut pour les œuvres de religion (IOR) – la banque privée du Vatican – en 2024 et a participé à toutes les dernières assemblées du Synode (jouant notamment un rôle clé lors de celui sur la Famille en 2015). Il a parfois été cité comme papabile.
Le cardinal Sarah parmi les octogénaires
Trois membres de la Curie romaine vont perdre leur droit de participation à un conclave, le premier étant le cardinal Fernando Vérgez Alzaga, qui fêtera son 80e anniversaire le 1er mars. Président du Gouvernorat de l’État de la Cité du Vatican depuis 2021, cet Espagnol appartenant aux Légionnaires du Christ est aussi un des membres du Conseil des cardinaux (C9), le conseil qui assiste le pape dans sa réforme de l’Église.
Le cardinal guinéen Robert Sarah perdra son droit de participer au conclave le 15 juin prochain. L’ancien archevêque de Conakry, qui fut ensuite président du Conseil pontifical Cor unum puis préfet de la Congrégation pour le culte divin et la discipline des sacrements est à la retraite depuis 2021. Parfois cité comme papabile, ce grand spirituel se sera fait connaître par ses nombreux essais ainsi que par ses prises de positions fermes sur les questions sociétales et ecclésiologiques.
Enfin, le cardinal Stanisław Ryłko, archiprêtre de Sainte-Marie Majeure, fêtera lui aussi ses 80 ans le 4 juillet. Le pape François ne l’a pas encore remplacé mais a d’ores et déjà nommé son successeur en la personne du cardinal Rolandas Makrickas. Ce dernier a été créé cardinal en décembre dernier après avoir été nommé archiprêtre coadjuteur et s’être vu confier la plupart des pouvoirs associés à la charge du cardinal Ryłko.
Deux Anglais et deux Espagnols
En 2025, le collège des cardinaux va perdre deux autres Africains francophones avec le Burkinabé Philippe Ouédraogo, archevêque émérite de Ouagadougou, et l’Ivoirien Jean-Pierre Kutwa, archevêque émérite d’Abidjan. Il perdra aussi deux Asiatiques: l’archevêque émérite de Karachi (Pakistan) Joseph Coutts, et l’ancien chef de l’Église orientale syro-malabare, le cardinal indien George Alencherry.
Seul Sud-Américain concerné, le capucin Celestino Aós Braco, archevêque de Santiago du Chili, aura joué un rôle important dans la période suivant la crise des abus qui a frappé l’Église dans son pays. Deux autres hispanophones quitteront le collège des cardinaux électeurs: l’ancien archevêque de Madrid Carlos Osoro Sierra, et l’ancien archevêque de Valence Antonio Cañizares Llovera.
Enfin, le collège cardinalice va perdre deux de ses trois membres britanniques: l’archevêque de Westminster Vincent Nichols, toujours en poste, qui sera suivi du célèbre prêcheur dominicain Timothy Radcliffe, que le pape a créé cardinal en 2024. Le seul Anglais restant sera le cardinal Arthur Roche, préfet du dicastère pour le Culte divin et la discipline des sacrements, qui fêtera ses 76 ans en 2025. (cath.ch/imedia/cd/be)