Le pape Léon XIV a reçu le Premier ministre hongrois Viktor Orbán au Vatican le 27 octobre 2025. Cette rencontre intervient alors que le chef du gouvernement hongrois, qui défend sa neutralité vis-à-vis du conflit russo-ukrainien, a récemment essuyé un revers après l’annulation d’une rencontre à Budapest entre Donald Trump et Vladimir Poutine.
Le dirigeant hongrois a été accueilli dans la matinée au palais apostolique. Le Saint-Siège, comme à son habitude, n’a pas communiqué sur le contenu des échanges entre le pontife et son hôte. Ce dernier a toutefois affirmé, dans une publication sur X, avoir demandé à Léon XIV « de soutenir les efforts de la Hongrie contre la guerre » — sans citer explicitement le conflit entre la Russie et l’Ukraine.
Viktor Orbán, qui se positionne comme le héraut de la neutralité dans cette guerre, continue d’entretenir des relations avec Moscou, au contraire de ses partenaires européens. Il a aurait dû accueillir une rencontre entre Donald Trump et Vladimir Poutine à Budapest, mais cette dernière a finalement été reportée au dernier moment par le président américain qui a fait savoir qu’il ne voulait pas rencontrer son homologue russe « sans accord en vue ».
Ces dernières années, le Saint-Siège s’est lui aussi positionné comme un potentiel médiateur dans le conflit russo-ukrainien. On se souvient entre autres de la rencontre Volodymyr Zelensky et Donald Trump dans la basilique Saint-Pierre lors des funérailles du pape François le 26 avril dernier. De nombreuses rencontres de haut niveau ont eu lieu ces dernières années entre le Saint-Siège et la Hongrie, et le pape argentin s’est rendu à deux reprises à Budapest, en 2021 et en 2023. Par certains aspects, les deux parties ont parfois semblé partager une vision similaire concernant la guerre russo-ukrainienne.
Le pape François s’était en effet toujours positionné en faveur d’une résolution diplomatique du conflit et avait exprimé ses inquiétudes face à un possible élargissement de la guerre. Néanmoins, un infléchissement a été observé depuis le 19 novembre 2024, lorsque le pontife avait ouvertement condamné « l’agression militaire » russe.
Léon XIV, depuis son élection, s’est peu exprimé sur le sujet, mais il a reçu le président Volodymyr Zelensky à deux reprises en quelques mois et a multiplié les marques de soutien spirituel à la population ukrainienne. Dans un entretien accordé à la journaliste américaine Elise Allen en juillet dernier, il a souligné les efforts du Saint-Siège pour maintenir une position « véritablement neutre ». Il a également estimé que la solution au conflit viendrait de la pression exercée par « certains acteurs extérieurs ».
Le Vatican dans la «coalition anti-guerre» d’Orbán ?
Ce matin, après son audience avec le pape, Viktor Orbán a été reçu par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin. Dans un communiqué, le Saint-Siège affirme que des «questions européennes», notamment celles liées au conflit ukrainien, ont été évoquées lors de la rencontre. Il est également fait mention de la situation au Moyen-Orient.
«Nous voulons rester à l’écart de la fièvre de la guerre qui se répand dans le monde », a affirmé le Premier ministre dans un message publié sur Facebook avant de se rendre au Vatican. Critiquant le «parti de la guerre» soutenu par les autres pays européens, il déclare appartenir à une « coalition anti-guerre » — une position de neutralité sur laquelle le Saint-Siège et la Hongrie ont pu se retrouver ces dernières années, même si le pape Léon XIV, comme son prédécesseur, a accordé une attention particulière à la situation du peuple ukrainien.
Dans un entretien accordé au quotidien italien La Repubblica, Viktor Orbán a également annoncé vouloir plaider auprès de Donald Trump pour qu’il lève les sanctions contre la Russie. À Rome, le Premier ministre a aussi rencontré son homologue italienne, Giorgia Meloni.
Des convergences sur la famille
Dans son communiqué, le Saint-Siège souligne les « solides relations bilatérales » qui l’unissent à la Hongrie. Il se réjouit que cette dernière reconnaisse « l’engagement de l’Église catholique » dans les domaines de la famille, de la formation de la jeunesse et de la protection des communautés chrétiennes les plus vulnérables.
Sous le pontificat de François, la défense de la famille traditionnelle a été un motif de rapprochement entre le Saint-Siège et la Hongrie. En revanche, de réelles dissonances ont pu apparaître entre le pape et Viktor Orbán sur la question des migrants (notamment pendant la crise de 2015), même si ni le pape argentin ni le Premier ministre ne se sont jamais critiqués ouvertement. (cath.ch/imedia/cd/mp)