Né vers 790, Léon IV était un Romain de naissance. Ses racines familiales se situaient en Lombardie. Il fut moine bénédictin au monastère Saint-Martin à Rome, avant de devenir cardinal sous le pontificat de Serge II, puis pape de 844 à 847.
Léon IV s’appelait effectivement Léon. Il n’avait probablement pas de nom de famille au sens moderne du terme.
Ce moine bénédictin vécut le pontificat de Serge II dans le contexte dramatique des invasions arabes. En août 846, les Sarrasins mirent Rome à sac. Cette tragédie poussa le pontife à envisager de renforcer les fortifications du Vatican.
Ce chantier sera la grande œuvre de son successeur. Élu par acclamation populaire à l’unanimité le 10 avril 847, Léon IV fut immédiatement intronisé et consacré, sans attendre l’assentiment de l’empereur franc, comme c’était pourtant l’usage à l’époque. La situation d’urgence et de vulnérabilité de la ville de Rome le conduisit à faire construire un rempart autour du Vatican. Ce chantier se termina en 852, traçant les contours de la «cité léonine», un nom qui demeure jusqu’à aujourd’hui. Il fit aussi fortifier d’autres lieux dans la région de Rome, et mena également une restauration de la basilique Saint-Pierre, endommagée par l’attaque de 846.
Miracle immortalisé par Raphaël
Outre un séisme qui fut l’un des plus graves recensés dans l’histoire de Rome, son début de pontificat décidément dramatique fut marqué par un incendie du Borgo – le quartier populaire attenant au Vatican -, qu’il aurait miraculeusement éteint par sa seule bénédiction. Selon une tradition rapportée par le Liber Pontificalis, Léon IV aurait fait un signe de croix solennel depuis le balcon extérieur de la basilique Saint-Pierre, vers la gauche, en direction du Borgo, ce qui aurait immédiatement fait régresser les flammes. La population et la basilique furent ainsi sauvées.
Cet événement survenu en 847 a donné lieu, plusieurs siècles plus tard, à une fresque de Raphaël intitulée L’Incendie de Borgo. Cette fresque, actuellement exposée dans les Musées du Vatican au sein des Chambres de Raphaël, a été réalisée entre 1514 et 1517. Au-delà de l’évocation de cet épisode historique, cette fresque mêlant des références chrétiennes et des personnages issus de la mythologie païenne fait allusion au rôle pacificateur du pape au milieu de la flambée des guerres.
Reconnu pour sa générosité à l’égard des pauvres
Afin de lutter contre la menace des Sarrasins, Léon IV noua des alliances avec les souverains de différents duchés des côtes de l’actuelle Italie, notamment ceux d’Amalfi, Gaète, Naples et Sorrente. La victoire de leur coalition contre les «Barbaresques» lors de la bataille d’Ostie, en 849, a aussi fait l’objet d’une fresque de Raphaël.
Par ailleurs, ses bonnes relations avec l’empereur Lothaire Ier, empereur d’Occident de 840 à 855, le conduisirent à couronner son fils, Louis II le Jeune, qui joua un rôle de co-régent de 850 à 855 puis d’empereur d’Occident de plein droit après la mort de son père, jusqu’en 875. De nombreux souverains des royaumes chrétiens européens demandèrent ainsi leur couronnement par le pape, afin d’obtenir la reconnaissance de leur souveraineté par «grâce divine».
Le «restaurateur de Rome», comme il fut surnommé a posteriori, fut un pape reconnu pour sa probité et sa générosité à l’égard des pauvres. Il s’attela également au renforcement de la discipline du clergé et de la pureté de la foi, encourageant l’organisation de synodes dans toute l’Europe, notamment à Paris, à Lyon ou encore en Angleterre. (cath.ch/imedia/cv/rz)