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    Le Vatican répond à la nouvelle polémique autour de 'Traditionis Custodes'  

    Les informations d’une journaliste américaine assurant que le pape François aurait limité la célébration de la messe tridentine en latin sans tenir compte des résultats d’une enquête vaticane préalable sont  "une reconstruction très partiale et incomplète des processus décisionnels", a déclaré le 3 juillet 2025 le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège.

    Réagissant de manière assez rare à des propos tenus dans un blog privé, Matteo Bruni a tenu à mettre les choses au point face à la pression des milieux traditionalistes qui réclament du pape Léon XIV l’abolition du du motu proprio Traditionis custodes par lequel le pape François avait restreint la possibilité de célébrer la messe traditionnelle en latin selon le missel de 1962. Publié en juillet 2021, ce document avait provoqué une levée de boucliers chez les traditionalistes en abrogeant la décision prise par Benoît XVI d’élargir les possibilités de célébration de la messe selon le missel préconciliaire.

    Dans une lettre accompagnant Traditionis Custodes, le pape François avait justifié son choix en évoquant les résultats d’une enquête menée par la congrégation pour la Doctrine de la foi concernant l’application de Summorum Pontificum, le nom du motu proprio signé par Benoît XVI en 2007. «Les réponses parvenues ont révélé une situation douloureuse qui m’inquiète, me confirmant la nécessité d’intervenir», avait-il expliqué.

    Une évaluation globale positive?

    Sur son blog, Diane Montagna, journaliste américaine très critique du pontificat de François, a dévoilé le 2 juillet des éléments du rapport de la congrégation pour la Doctrine de la foi sur la consultation des évêques menée en 2020.

    Citant l’«évaluation globale», elle rapporte que «la majorité des évêques qui ont répondu au questionnaire ont déclaré qu’apporter des modifications législatives à Summorum Pontificum causerait plus de mal que de bien». Elle estime ainsi que cette évaluation «contredit directement la justification avancée par le pape François pour l’imposition de Traditionis Custodes et soulève de sérieuses questions quant à sa crédibilité ».

    Une reconstruction très partiale et incomplète

    Le textes cités par Mme Montagna font vraisemblablement partie de l’un des documents sur lesquels s’est fondée la décision du pape, mais je ne confirme pas leur authenticité, a expliqué le 3 juillet Matteo Bruni, directeur de la Salle de presse du Saint-Siège. Lisant une réponse qui avait donc été préparée, Matteo Bruni a ajouté que les éléments ainsi présentés «alimentent une reconstruction très partiale et incomplète des processus décisionnels». Et d’assurer: «À la consultation citée, entre autres, se sont en effet ajouté successivement une autre documentation, d’autres rapports confidentiels, eux aussi fruits de consultations ultérieures qui sont parvenus au dicastère pour la Doctrine de la foi ».

    Le Vatican n’a jamais rendu publics les documents internes qui ont conduit le pape François à prendre sa décision d’abroger Summorum Pontificum. Dans sa lettre expliquant son choix, le pape François dénonçait notamment le risque d’une instrumentalisation du missel romain de 1962, caractérisée par «un refus croissant non seulement de la réforme liturgique, mais du Concile Vatican II, avec l’affirmation infondée et insoutenable qu’il aurait trahi la Tradition et la ‘vraie Église’».

    Selon deux sources romaines consultées par I.MEDIA, il est possible que la majorité des évêques interrogés sur Summorum Pontificum aient considéré à l’époque qu’il ne fallait pas modifier l’équilibre trouvé par Benoît XVI. «Mais après tout, l’Église n’est pas une démocratie, le collège épiscopal n’est pas un parlement», souffle la première source tandis que la seconde avance que d’autres éléments plus délicats ont dû convaincre le pape François de prendre une telle mesure.

    Depuis l’élection de Léon XIV, les traditionalistes, en particulier américains, mènent une forte campagne sur internet et sur les réseaux sociaux pour pousser le nouveau pape américain à abolir Traditionis Custodes qu’ils considèrent comme une injustice à leur égard. (cath.ch/imedia/hl/mp)

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