Les cardinaux ont débuté dans la matinée du 28 avril 2025, leur 5e congrégation générale – ces réunions qui leur permettent de mieux se connaître et de préparer l’entrée en conclave. Ils pourraient décider ce matin de la date d’entrée en conclave, pour l’élection du prochain pontife.
Samedi, ils étaient plus de 190 sur le parvis de Saint-Pierre lors de la messe des funérailles du pape François, et les derniers continuent d’arriver vers Rome pour ces rencontres d’organisation de la vie de l’Église et de préparation au conclave, sous la présidence du cardinal doyen Giovanni Battista Re.
Assaillis par la presse à leur arrivée au Vatican, certains se sont prêtés à quelques interviews sur le vif, comme le cardinal salvadorien Gregorio Rosa Chávez – non électeur – qui a assuré devant les journalistes que les réunions se passaient «en harmonie». Le cardinal de 82 ans a exprimé sa conviction que le prochain pape «sera comme François, la même vision, les mêmes rêves, mais avec son propre style».
> retrouvez notre dossier "Habemus papam!"
Un profil à esquisser
Pour le cardinal espagnol José Cobo Cano également, le prochain pontife doit poursuivre l’œuvre de son prédécesseur. «Le pape François a été très habile dans sa façon de promouvoir les thèmes de la paix, du soin de la création, du dialogue avec notre monde. Je crois qu’il a ouvert de nombreuses portes et que nous devons persévérer dans cette voie!», a confié l’archevêque de Madrid de 59 ans. Et d’assurer: «C’est sûr que le pape François nous aide à trouver une pensée commune pour trouver le prochain pape».
Le profil du futur pape «est difficile à dire parce que nous devons encore en délimiter les contours», a souligné le cardinal italien Giuseppe Versaldi. À 81 ans, le non électeur imagine un pontificat «en continuité», mais qui ira aussi «de l’avant» avec un «style propre». Les critères «ne sont pas seulement humains», a insisté l’Italien, assurant qu’ «il y a une atmosphère différente quand on entre dans la Chapelle Sixtine».
«On cherche le bien de l’Église, qui est la norme suprême pour l’Église et pour le monde surtout», a poursuivi l’ancien préfet de la congrégation pour l’Éducation catholique. Le profil du futur chef de l’Église catholique sera «d’abord en continuité avec Pierre», a souligné quant à lui le cardinal italien de 79 ans Fernando Filoni.
Un conclave long?
«Nous sommes sereins; il faut apprendre à se connaître», a assuré de son côté le cardinal irakien Louis Raphaël Sako, 76 ans, appuyant le nombre important de cardinaux électeurs : 135 alors que le seuil théorique est fixé à 120. «Nous ne sommes pas là pour faire de la politique mais pour choisir un pape», a déclaré de son côté le cardinal nigérian John Onaiyekan, qui ne participera pas à l’élection, ayant désormais 81 ans.
> Retrouvez notre dossier pape François <
Les cardinaux ont confié que la date d’entrée en conclave, que certains envisagent le 5 mai, devrait être décidée aujourd’hui. Pour l’heure, personne ne s’avance à des pronostics sur la durée d’un conclave. «Je ne sais pas, c’est la première fois que je participe à un conclave, mais je pense que ce sera [un conclave] un peu long, parce que les cardinaux ne se connaissent pas bien», a estimé le cardinal suédois de 75 ans Anders Arborelius. «Si vous lisez l’histoire des conclaves […] ils ont souvent été difficiles», a abondé le cardinal Versaldi.
Le cas Angelo Becciu
Quant à l’affaire Angelo Becciu, cardinal italien qui clame pouvoir voter pour le prochain pape alors que le pape François lui avait retiré ses droits de cardinal électeur en 2020, «c’est un peu compliqué», a glissé le cardinal Fernando Filoni. Les cardinaux doivent prendre la décision de l’intégrer – ou non – dans la liste des électeurs. Selon nos informations, le pape François aurait rédigé une lettre demandant à ce que le cardinal Becciu ne participe pas au conclave.
En début d’après-midi, vers 13h, le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège Matteo Bruni devrait assurer un point presse. (cath.ch/imedia/cd/hl/bh)