En visite à l'université pontificale grégorienne le 5 novembre 2024, le pape François a mis en garde contre le «narcissisme pervers» et l’«intellectualisme aride ».
Le pape s’est rendu à l’Université pontificale grégorienne pour l’inauguration de l’année académique. Il s’agissait de sa première visite au sein de la plus ancienne des universités pontificales, tenue par les jésuites. Au fil d’un long discours de plus de trois quart d’heure, le pape a fait ses recommandations aux dirigeants,
Le pape a rejoint le siège de cette université, située depuis 1930 dans le centre historique de Rome, Piazza della Pilotta. Cette structure qui compte près de 3'000 étudiants de 121 nationalités, a subi récemment une refonte, notamment avec l’intégration en mai dernier de deux autres instituts confiés à la Compagnie de Jésus – les Instituts pontificaux biblique et oriental.
« Où allez-vous ? […] Et dans quel but ? ». C’est la question qu’a posée le chef de l’Église catholique au corps enseignant de cette université dirigée par le recteur, le jésuite Mark A. Lewis, et le supérieur général de la Compagnie de Jésus, le Père Arturo Sosa. Le pontife a exigé une « sincère autocritique » sur le rôle et la nature de la Grégorienne, où sont formés des centaines de séminaristes chaque année, dont ceux du séminaire français à Rome.
La « coca-colaïsation » spirituelle
Dans son discours, le pape a voulu « secouer ceux qui ont plus de science que de charité ». Il les a invités à avoir « une théologie incarnée ». Sans la charité, la formation se transforme en « intellectualisme aride ou en narcissisme pervers » où les autres sont réduits à des « spectateurs applaudissant », a lancé François aux représentants de l’université où étudièrent trois de ses prédécesseurs – Pie XII, Paul VI, Jean-Paul Ier – et où enseigna le cardinal Joseph Ratzinger.
Il a aussi conseillé aux universitaires de « considérer l’impact de l’intelligence artificielle sur la recherche ». Et d’assurer : « Aucun algorithme ne peut remplacer la poésie, l’ironie, et l’amour. Les étudiants ont besoin de découvrir le pouvoir de l’imagination, de voir germer l’inspiration, d’entrer en contact avec leurs émotions et de savoir les exprimer ».
Le pape a aussi mis en garde contre une « coca-colaïsation de la recherche et de l’enseignement » et une « coca-colaïsation spirituelle ». « Malheureusement il y a beaucoup de disciples du coca-cola spirituel », a-t-il noté sans expliciter davantage. Il a aussi invité à être attentif à « ne pas glisser d’une pensée à une idéologie ».
Visite à la politicienne italienne Emma Bonino
Sur le chemin de son retour au Vatican, François a fait une halte au domicile de la femme politique italienne Emma Bonino, a rapporté Vatican News. L’ancienne ministre des Affaires étrangères et dirigeante de Più Europa a récemment subi une hospitalisation. Le pape a rencontrée Emma Bonino à plusieurs reprises par le passé, dans le cadre de son engagement en faveur des migrants. (cath.ch/imedia/ak/mp)