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    Le pape interpellé sur la place de la femme dans l’Église

    Dans l’après-midi du 28 septembre 2024, le pape François s’est laissé bousculer par les étudiants de l’Université catholique de Louvain qui l’ont interpellé sur les questions écologiques mais aussi sur “l’invisibilisation” de la femme dans la pensée catholique.

    Au lendemain de son discours à l’Université catholique de Leuven (KUL) où il s’est adressé aux universitaires flamands, le pontife argentin s’est rendu dans son pendant wallon en foulant les couloirs de l’Université catholique de Louvain-la-Neuve (UCL) Les deux universités, qui célèbrent leurs 600 ans d’existence, se sont séparées en 1968 sur fond de tensions entre Wallons et Flamands.

    Cette fois-ci, le pape n’a pas seulement rencontré le corps professoral mais aussi les étudiants, dans la grande et moderne Aula Magna où un concert avait précédé l’arrivée du pape. Arrivé avec un peu de retard, le pape François a été accueilli très chaleureusement alors qu’une étudiante interprétait le Cantique des créatures de saint François d’Assise dans une mélodie de jazz.

    La théologie catholique sur la femme en question

    Après avoir été interpellé la veille par le recteur Luc Sels sur l’attitude de l’Église face aux abus et vis-à-vis des personnes homosexuelles, François a cette fois-ci été questionné plus vivement sur la place des femmes.

    Une comédienne, en alternance avec des étudiants rassemblés sur la scène autour du pape, a lu une lettre composée par le corps professoral de l’université, ses chercheurs et ses étudiants. Le texte comportait notamment un regard critique au sujet d’une théologie catholique ayant eu tendance à exalter «le rôle maternel» des femmes «tout en interdisant leur accès aux ministères ordonnés».

    «Cher François, la place des femmes, où la trouver dans l’Encyclique ? Les femmes sont les grandes absentes de Laudato si’», a ainsi interrogé l’université en faisant référence à l’encyclique du pape sur l’écologie publiée en 2015.

    «Comme souvent dans l’histoire de l’Église, les femmes ont été invisibilisées », autant dans leurs vécus que « pour leurs apports intellectuels », a-t-on pu entendre dans cette adresse revendiquant un «écoféminisme chrétien ».

    Pour les autrices du texte, l’invisibilisation de la femme a des conséquences sur la manière de vivre la transition écologique car les femmes possèdent des capacités à poser des «limites». Mais, citant l’encyclique, ils estiment que le recours à «la figure d’un Père créateur et unique maître du monde» pourrait induire l’idée que seule l’autorité masculine est susceptible de fournir ces limites. «Or, poursuivent-elles, la soumission à un Père extérieur à la Création ne correspond pas à une humanité mature et multiple ».

    "Ce qui féminin n’est pas déterminée par une idéologie, mais par la chair"

    Dans sa réponse, le pape François a répliqué en filigrane à cette mise en cause : «Dieu est Père, pas maître ; il est Fils et Frère, pas dictateur; il est Esprit d’amour, pas de domination». Il a expliqué ce qui, pour l’Église, caractérise la femme. «Ce qui est féminin n’est pas déterminé par le consensus ou les idéologies. Et la dignité est garantie par une loi originelle, non pas écrite sur le papier mais dans la chair». Il a alors défini la place de la femme dans l’Église catholique : «fille, sœur, mère». Et d’ajouter : «comme moi je suis fils, frère, père». «C’est moche quand la femme veut faire l’homme», a encore lancé le pape en sortant de son texte.

    Dans cette joute à fleurets mouchetés, avec bienveillance mais fermeté, le pontife a sans doute voulu répondre à la critique formulée contre sa notion de «développement intégral», largement développée dans son encyclique.

    L’université demandait si l’Église était prête à «déployer cette notion dans une perspective intersectionnelle», c’est-à-dire, «en prenant en compte les inégalités de classe, de genre et de race». Elle concluait : «l’appel à un développement intégral nous parait peu compatible avec les positions sur l’homosexualité et avec la place des femmes dans l’Église catholique».

    Pour le pape, «le défi du développement intégral» requiert d’abord la « fidélité à Dieu et à l’homme ». Il est «une vocation à une vie juste et heureuse, pour tous». En cela, le développement intégral refuse «toute forme d’oppression et de rejet», a-t-il assuré.

    L’UCLouvain affiche son désaccord avec le pape

    Dans un communiqué diffusé à l’issue du discours du pape, l’UCLouvain a fait part de son «incompréhension et sa désapprobation quant à la position exprimée par le pape François» concernant la place des femmes dans l’Église et dans la société. Reprenant les termes du pontife qui avait expliqué que «la femme est accueil fécond, soin, dévouement vital», l’université juge que cette position est «déterministe et réductrice ».

    Se disant «inclusive» et engagée dans la lutte contre les violences sexistes et sexuelles, l’institution réaffirme «sa volonté pour que chacune et chacun s’épanouisse en son sein et dans la société, quelles que soient ses origines, son sexe ou ses orientations sexuelles», et elle «appelle l’Église à emprunter le même chemin, sans aucune forme de discrimination».

    Au fil de son discours, le pape avait martelé le fait que l’université ne devait pas apprendre aux jeunes à «gagner de l’argent» mais à construire leurs vies dans une logique de «fraternité», sans se laisser envahir par des «dichotomies idéologiques».

    Il avait toutefois souligné que «la recherche de la vérité implique une dimension critique», à laquelle il s’est donc confronté à deux reprises lors de ses visites à Leuven et à Louvain-La-Neuve. (cath.ch/hl/cv/mp)

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