Après avoir médité sur le personnage de Joseph, «père adoptif» de Jésus, le pape François a appelé à «mettre fin aux hostilités» en République démocratique du Congo et à faire mémoire des victimes de l’Holocauste, lors de l'audience générale du 29 janvier 2025.
Poursuivant ses catéchèses sur la vie de Jésus à la lumière de l’espérance, qu’il développera durant toute l'année du Jubilé, le pape François s’est inspiré de l’épisode de l’Évangile où Joseph découvre que sa fiancée, Marie, est enceinte. Il a invité les fidèles à suivre l’exemple de saint Joseph, qui s’exprime non pas avec des «paroles en l’air», mais avec «des actes concrets». Son amour «est mis à rude épreuve», a noté François. Cette situation aurait dû conduire à la rupture des fiançailles, mais Joseph «ne se laisse pas envahir par des sentiments instinctifs» et se laisse «guider par la sagesse divine».
Alors qu’il avait résolu de se séparer de Marie discrètement, sans jeter l’opprobre sur elle, Dieu lui parle en songe, lui révélant que l’enfant que porte Marie «vient de l’Esprit saint» et sera le sauveur. «Joseph ne demande pas de preuves supplémentaires, il fait confiance à Dieu», a souligné le pape, qui a alors donné pour modèle Joseph. Il «ne prononce pas de paroles, mais croit, espère et aime». Joseph «ne parle pas avec des paroles en l’air, mais avec des actes concrets», a-t-il insisté en souhaitant aux fidèles «la grâce d’écouter plus que de parler».
Pour la fin des hostilités en RDC
Après sa catéchèse, le pape François a exprimé sa préoccupation pour «la détérioration de la situation sécuritaire en République démocratique du Congo». Depuis dimanche, la ville de Goma, théâtre des conflits qui ravagent depuis trente ans l’Est du pays, est occupée par les rebelles du M23 – groupe armé formé en 2009 et essentiellement composé de 'rwandophones' du nord du Congo qui accusent la RDC de marginaliser les Tutsis – et par l’armée rwandaise.
Le chef de l’Église catholique a exhorté «toutes les parties au conflit» à «mettre fin aux hostilités» et à protéger la population civile de Goma – peuplée d’un million d’habitants – et de la région où se déroulent des opérations militaires. Une rencontre entre les présidents de la RDC, Félix Tshisekedi, et du Rwanda, Paul Kagame, doit avoir lieu ce 29 janvier.
Le pape François a également confié son «appréhension» pour les violences qui se sont étendues dans la capitale Kinshasa, où des ambassades – notamment de France, de Belgique et des États-Unis – ont été attaquées, en représailles à la crise. Il a souhaité «que cesse le plus rapidement possible toute forme de violence contre les personnes, et contre leurs biens». Appelant «le prompt retour de la paix et de la sécurité», le pontife a incité les autorités locales et la communauté internationale à «un engagement maximum pour résoudre pacifiquement la situation».
Le 1er février 2023, durant sa visite à Kinshasa, le pape François avait rencontré des victimes des violences à l’Est du pays, provenant du Nord-Kivu, du Sud-Kivu et de l’Ituri. Il avait par contre renoncé à l’étape prévue à Goma, initialement programmée dans la première version de son voyage, en 2022. Ce voyage avait été annulé en raison de l’état de santé du pape, mais aussi, selon certaines sources, pour des risques liés à la sécurité.
Mémoire de l’Holocauste
Le pape a aussi évoqué la récente commémoration des 80 ans de la découverte du camp d’Auschwitz-Birkenau – 27 janvier 1945 – sur le sol polonais. Ce camp d’extermination nazi a vu périr plus d’un million de personnes pendant la Seconde Guerre mondiale. Il a encouragé les Polonais à être «les gardiens de la vérité et de la mémoire de cette tragédie et de ses victimes, parmi lesquelles de nombreux martyrs chrétiens». Et d’inviter à s’engager «en faveur de la paix et de la défense de la dignité de la vie humaine dans toutes les nations et toutes les religions».
Enfin, le pontife a mentionné comme chaque mercredi les pays en guerre – dont la Palestine, Israël, le Myanmar –, invitant les fidèles à prier pour la paix. (cath.ch/imedia/ak/lb)