Léon XIV a reçu Nikol Pashinyan, Premier ministre de la République d’Arménie, au Vatican, le 20 octobre 2025. La visite a été l’occasion d’évoquer la «nécessité d’une paix stable et durable» dans le Caucase, région marquée par le conflit entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.
Comme à son habitude, le Saint-Siège n’a pas communiqué sur le contenu des échanges entre le pontife et le Premier ministre. Après leur rencontre à huis clos, Nikol Pashinyan a été reçu par le cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin, et Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les relations avec les États.
Les entretiens à la secrétairerie d’État ont été l’occasion de saluer les bonnes relations entre le Saint-Siège et l’Arménie, pays de très ancienne tradition chrétienne, peut-on lire dans un communiqué du Vatican . Autre thème évoqué: «La nécessité d’une paix stable et durable dans le Caucase méridional.»
Un conflit qui perdure avec l’Azerbaïdjan
Le 17 octobre dernier déjà, lors de la visite au Vatican de la vice-présidente de l’Azerbaïdjan, Mehriban Aliyeva, le Saint-Siège avait appelé à «une paix juste et durable» dans la région. Le gouvernement azerbaïdjanais a financé plusieurs projets de restauration de catacombes à Rome ces dernières années, provoquant l’inquiétude de la partie arménienne qui y voit une forme de soft power visant à influencer le Vatican.
L’Arménie et l’Azerbaïdjan sont en conflit depuis la chute de l’URSS. À l’automne 2023, l’armée azerbaïdjanaise a mené une conquête du territoire du Haut-Karabagh, opération qui a entraîné l’exil des populations arméniennes locales et la destruction d’une partie de leur patrimoine religieux.
Lors de l’angélus du 10 août dernier, Léon XIV avait félicité les deux pays qui ont signé une «Déclaration conjointe pour la paix», le 8 août à Washington. Cet accord a suscité une vive opposition dans une partie de la population arménienne. Celle-ci s’inquiétait de la perte de souveraineté induite par la construction, sous supervision américaine, d’un corridor d’une quarantaine de kilomètres traversant le sud de l’Arménie près de la frontière avec l’Iran, afin de relier l’Azerbaïdjan à sa province occidentale du Nakhitchevan. «Je souhaite que cet événement puisse contribuer à une paix stable et durable dans le Caucase méridional», avait toutefois espéré Léon XIV.
Le pape rend hommage à la foi du peuple arménien
Le 20 octobre, après son entrevue avec Nikol Pashinyan, le pontife a reçu les pèlerins qui ont assisté aux canonisations de sept nouveaux saints célébrées dimanche. Parmi eux figuraient des Arméniens, venus pour honorer l’archevêque catholique arménien de Mardin, Mgr Ignace Maloyan, martyr du génocide arménien en 1915. Sa canonisation était sensible car elle avait lieu à quelques semaines d’un voyage du pape Léon XIV en Turquie (27-30 novembre), pays qui ne reconnaît pas l’existence du génocide arménien.
Dans son discours, le pape a fait mémoire de ce pasteur qui «n’hésita pas à choisir son Seigneur, allant jusqu’à verser son propre sang pour Dieu». Léon XIV a alors rendu hommage au peuple arménien «qui grave la croix dans la pierre comme signe de sa foi ferme et inébranlable». Les stèles de croix sculptées dans la pierre, appelées khatchkar, constituent un patrimoine du peuple arménien depuis le IXe siècle. Selon l’Unesco, le territoire en compte plus de 50’000 au bord des chemins. (cath.ch/imedia/ak/rz)