Dans une lettre datée du 8 novembre 2024 et adressée aux clercs, religieux et laïcs de Rome, le pape François lance un appel pour que des logements puissent être garantis aux plus vulnérables durant le temps du Jubilé. L’annonce du pape intervient alors que la hausse des prix à Rome plonge de plus en plus de personnes dans une grande précarité.
«En vue du Jubilé, j’ai demandé à mon diocèse de donner un signe tangible d’attention aux problèmes de logement afin que, parallèlement à l’accueil de tous les pèlerins qui afflueront ici, des formes de protection soient activées pour ceux qui n’ont pas de maison ou qui risquent de la perdre», peut-on lire dans la lettre. Le pape l’a envoyée aux supérieurs d’ordres religieux, aux responsables légaux des entités ecclésiales, aux curés et aux prêtres de Rome.
Tension sur le marché locatif
«J’invite toutes les réalités ecclésiales à faire un geste courageux d’amour pour leur prochain en offrant les espaces dont elles disposent, en particulier celles qui ont des facilités d’hébergement ou des appartements libres», écrit encore le pape.
Cet appel du pontife argentin intervient alors que la ville de Rome fait face à une montée des prix de l’immobilier provoquée notamment par la pression touristique accrue depuis la fin de la pandémie de Covid-19. La perspective du Jubilé 2025, qui fera déferler vers la Ville éternelle des millions de pèlerins, ainsi que la conversion d’appartements en locations de type Airbnb participent à cette tension sur le marché locatif.
Plus de 20'000 sans-abri à Rome
Dans un récent rapport cité par La Repubblica, la Caritas de Rome estime que près de 30’000 ménages romains ont demandé à la municipalité une contribution pour payer leur loyer et que les expulsions ont atteint le nombre de 6591 en 2022. Quelque 16’600 familles sont en attente d’un logement social tandis que Rome et sa région compteraient plus de 20’000 sans-abris.
Cet appel du pape résonne avec son discours très ferme prononcé fin octobre dans la basilique Saint-Jean-de-Latran. Devant le maire de Rome, il avait alors dénoncé avec force les vices d’une «ville déchirée» par la pauvreté et l’indifférence, et déploré le gaspillage et l’hypocrisie. «Comment accepter que cinquante quintaux de nourriture soient jetés dans notre ville et qu’en même temps des familles n’aient rien à manger?», avait-il ainsi condamné, rapportant avoir constaté un tel gaspillage «dans un restaurant à cinquante mètres du Vatican». (cath.ch/imedia/hl/rz)