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    Le dialogue inédit et exemplaire du pape François avec l'islam

    L’un des grands textes du pontificat de François est le «Document sur la fraternité humaine pour la paix mondiale et la coexistence commune», que le pape argentin et le grand imam de la mosquée d’Al-Azhar ont signé ensemble à Abou Dhabi (Émirats arabes unis), le 4 février 2019. Un geste auquel s'uniront par la suite d’autres chefs religieux.

    La signature de ce document a donné lieu à de multiple autres initiatives, érigeant le dialogue islamo-chrétien en modèle pour le dialogue entre toutes les religions et confirmant la nécessité de lutter contre les discriminations et violences religieuses.

    Dans le Document sur la fraternité humaine, inspiré par la rencontre historique de saint François d’Assise et du sultan Malik el-Kamil en 1219, le pape François et l’imam Ahmed Al-Tayeb s’engagent en matière de dialogue interreligieux et affirment avec fermeté «que les religions n’incitent jamais à la guerre et ne sollicitent pas des sentiments de haine». Cet engagement a été l'un des leitmotiv des prises de parole et des actions du pape François, qui s'est notamment traduit dans ses voyages à caractère interreligieux.

    Les relations entre le Saint-Siège et l'Université Al-Azhar

    L’amitié du pape avec l’imam égyptien Ahmed Al-Tayeb fut d’autant plus remarquée que son pontificat a permis la reprise des relations entre le Saint-Siège et la prestigieuse université sunnite du Caire, Al-Azhar. Cette dernière les avait rompues en signe de protestation pour ce qu’elle avait vu comme une ingérence de Benoît XVI: le pape allemand avait dénoncé une «stratégie de violences» menée envers les chrétiens égyptiens, au lendemain d’un attentat à la voiture piégée devant une église copte d’Alexandrie, en janvier 2011.

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    Le 4 février 2019, le pape et le grand Imam d'Al Hazar signent le document sur la fraternité | © Keystone

    À la suite de l’élection de François, une visite a pu être organisée au Caire en 2017. Puis le pape et l’imam ont posé un nouveau geste commun à Abou Dhabi deux ans plus tard. Lors de ce voyage historique, le premier d’un pape dans les Émirats arabes unis, le Document sur la fraternité humaine marqua une nouvelle étape dans le dialogue entre les deux religions. Par la suite, François missionna le cardinal Miguel Angel Ayuzo Guixot, président du dicastère pour le Dialogue interreligieux, pour faire signer ce document à travers le monde.

    Voyages en terre musulmane

    Le pontife argentin a réalisé au fil des ans de nombreux voyages dans des pays à majorité musulmane comme l’Albanie (2014), la Turquie (2014), la Jordanie et l’État de Palestine (2014), la Bosnie-Herzégovine (2015), l’Azerbaïdjan (2016), l’Égypte (2017), le Bangladesh (2017), les Émirats arabes unis (2019), le Maroc (2019), l’Irak (2021), le Kazakhstan et Bahreïn (2022), ou encore l'Indonésie (2024).

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    2021 a vu la rencontre historique entre le pape François et l'ayatollah irakien Ali al-Sistani | © KEYSTONE/Ayatollah Sistani's Media Office

    Comme Jean Paul II – premier pape à fouler le sol d’une mosquée – et Benoît XVI avant lui, François a visité plusieurs lieux de prière musulmans. Le 26 mai 2014, un an après son élection, il s’est rendu sur l’Esplanade des Mosquées à Jérusalem, l’un des lieux saints de l’islam. Il s’est alors déchaussé pour visiter le Dôme du Rocher où il a rencontré le Grand mufti de Jérusalem.

    La même année, il a visité la Mosquée bleue d’Istanbul (Turquie), où il s’est recueilli lors d’une “adoration silencieuse“ aux côtés du Grand mufti de la ville. Et un an plus tard, le 30 novembre 2015, il s’est rendu à la mosquée centrale de Koudoukou, à Bangui, en République centrafricaine, dans le quartier de la ville où des musulmans étaient encerclés par des milices chrétiennes. Une étape placée sous la haute surveillance des soldats des Nations Unies.

    Puis, le 28 avril 2017 au Caire (Égypte), il est intervenu au cours de la Conférence internationale pour la paix organisée par l’université-mosquée Al-Azhar. Il a aussi été le premier pape à être invité à la grande mosquée de Rome (Italie), en 2016, même si la visite n’a pas eu lieu pendant son pontificat.

    Pope Francis visits Central African Republic
    Pope Francis visits Central African Republic
    Le pape était sous haute protection à Bangui (Photo: EPA/DANIEL DAL ZENNARO/KEYSTONE)

    En Irak, le pape François a tendu la main aux musulmans chiites, en se rendant dans la ville de Nadjaf pour une audience avec le grand ayatollah Ali Al-Sistani. C’est l’une des grandes rencontres de son pontificat.

    En novembre 2022, au Bahreïn, le chef de l’Église catholique a clôturé un forum sur la coexistence humaine. Durant ce déplacement, il a rencontré à nouveau le grand imam d’Al-Azhar et a été reçu par les membres du Conseil musulman des anciens à la Mosquée du palais royal Sakhir.

    Enfin, le 5 septembre 2024, lors de son voyage en Indonésie, le pape François s’est rendu à la mosquée Istiqlal de Jakarta – la plus grande d’Asie du Sud-Est. Il y a signé avec le grand imam Nasaruddin Umar une déclaration commune prônant le refus du fondamentalisme et la recherche de l’amitié entre les religions, sur le modèle du Document pour la fraternité.

    Contre le fanatisme religieux

    Dans tous ces lieux, le pape François a lancé des appels à ne pas instrumentaliser «le nom de Dieu» pour justifier la violence, dans une décennie notamment marquée par les barbaries de l’organisation État islamique. Il a souvent mis en garde contre le fanatisme et le fondamentalisme, en prenant soin de souligner que ce danger existait dans toutes les religions, y compris parmi les chrétiens.

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    Timbre commémorant la visite du pape en Irak | DR

    «On ne peut pas dire, ce n’est pas vrai et ce n’est pas juste, que l’islam soit terroriste», a-t-il affirmé en 2016, au retour de son voyage à Cracovie, après plusieurs attentats perpétrés au nom de l’islam au Moyen-Orient et en France. «Les musulmans ne sont pas tous violents» et «la violence est partout», a-t-il assuré.

    L’engagement du pontife argentin pour le dialogue interreligieux a été taxé parfois de naïf, et au Moyen-Orient certains chrétiens ont cru ressentir un manque de soutien du chef de l’Église catholique face aux discriminations dont ils étaient victimes.

    Le pape François pourtant n'a jamais hésité à dénoncer du haut de la fenêtre du Palais apostolique, lors d’angélus dominicaux, les attaques dont faisaient l’objet les chrétiens lorsqu’une tragédie se produisait dans le monde. En 2020, il avait d’ailleurs estimé que «ces martyrs d’aujourd’hui» étaient plus nombreux que ceux des premiers siècles. (cath.ch/imedia/ak/lb)

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