Le pape François s’est insurgé contre tous les types d’abus perpétrés sur les enfants, lors de l’audience générale du 15 janvier 2025. Il a visé en particulier le travail des mineurs, enjoignant chacun à changer son mode de consommation, pour encourager le commerce équitable.
Poursuivant ses catéchèses sur l’espérance – thème du Jubilé 2025 –, le chef de l’Église catholique a longuement dénoncé les «nombreuses façons d’abuser des enfants». «L’abus des enfants, quelle qu’en soit la nature, est un acte méprisable et atroce, […] un crime», a-t-il affirmé. Et de marteler: «Un seul cas est déjà trop.»
Sans évoquer en particulier le douloureux sujet des abus commis par des prêtres au sein de l’Église catholique, le pontife s’est arrêté sur les «centaines de millions de mineurs» qui sont contraints de travailler et de «devenir adultes trop tôt». Sortant de son texte, il a déploré l’exploitation des «mains tendres» des bambins pour la récolte de l’arandano – une sorte de canneberge – en Amérique latine. «Ils esclavagisent les enfants pour une récolte», s’est-il désolé.
Appel à la conscience de chacun
Le pontife argentin a alors rappelé tous les consommateurs à leur responsabilité. «Prendre conscience de ce que nous achetons est un premier pas pour ne pas être complices», a-t-il averti, en demandant de remettre en question l’achat de produits qui proviennent du travail des enfants.
Il a également engagé les institutions et les entreprises à déplacer «leurs investissements vers des entreprises qui ne recourent pas ou n’autorisent pas le travail des enfants», et a incité les journalistes à «sensibiliser au problème». «N’ayez pas peur, dénoncez ces choses», a-t-il lancé.
Les enfants ont des droits!
François a également mentionné les garçons et les filles «esclaves de la traite à des fins de prostitution ou de pornographie, et les mariages forcés», ou encore ceux qui «se livrent au trafic de drogue et aux activités illicites les plus diverses». Improvisant à nouveau, il a évoqué le cas du petit Loan, un garçon de 5 ans porté disparu depuis juin dernier en Argentine et soupçonné d’être victime d’un réseau de trafic d’êtres humains. «L’une des hypothèses est qu’il a été enlevé pour prélever ses organes pour des greffes», a déclaré le pape, avant de glisser: «Certains reviennent avec une cicatrice, d’autres meurent.»
Le pape s’est aussi élevé contre «l’injustice sociale qui pousse deux enfants, vivant peut-être dans le même quartier ou le même immeuble, à prendre des chemins et des destins diamétralement opposés, parce que l’un d’eux est né dans une famille défavorisée». Pour François, cette fracture humaine et sociale entre «ceux qui peuvent rêver et ceux qui doivent succomber» est «inacceptable».
«Les enfants ont des droits!» a-t-il lancé à la foule, encourageant les fidèles à se renseigner sur la liste de ces droits instituée par certains pays. (cath.ch/imedia/ak/lb)