Si Gaza connaît actuellement une paix fragile, la situation en Cisjordanie ne s’est pas améliorée pour les chrétiens qui ne trouvent guère de raisons d’espérer en l’avenir.
Avec le récent cessez-le-feu à Gaza, on pourrait penser que l'avenir est un peu plus radieux pour les chrétiens de Terre Sainte. "Honnêtement? Pour nous, en Cisjordanie, le cessez-le-feu n'a fait qu'empirer les choses», a déclaré à une délégation d’Aide à l’Eglise en détresse, (ACN) le Père Louis Salman, responsable de l’aumônerie pour les jeunes dans toute la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem. À cause des restrictions de voyage, les gens se sentent isolés et piégés. En outre, le manque d'opportunités d'emploi compromet leurs perspectives et l'exposition constante à la violence les traumatise.
Depuis le cessez-le-feu, les Israéliens ont fermé encore plus de routes, rendu les déplacements encore plus difficiles. Un voyage qui prenait deux heures peut en demander désormais quatre, explique le prêtre d’origine jordanienne. Beaucoup des prisonniers palestiniens libérés par Israël sont retournés en Cisjordanie. «Mais en raison de l’échange de prisonniers, les Israéliens ont renforcé la sécurité».
Annexion des terres
«Nous avons assisté à une nouvelle annexion de terres en Cisjordanie, ainsi qu’à l’expulsion d’environ 16’000 personnes des camps de réfugiés de Jénine, dont les infrastructures ont été rasées, de sorte que ces gens n’ont nulle part où aller”, confirme Sami El-Yousef, directeur général du Patriarcat latin de Jérusalem. La Cisjordanie est aujourd’hui complètement fragmentée avec 185 points d’entrée et plus de 900 points de contrôle.
Sami El-Yousef tente néanmoins de trouver un côté positif à la situation.”Nous avons été en mesure de maintenir nos services, de les développer sous certains aspects et de servir les communautés de Gaza et de Cisjordanie qui ont été les plus touchées par la guerre. Et nous nous préparons à être encore plus utiles après la guerre.»
Redonner de l’espoir aux jeunes chrétiens
Le Père Louis Salman est aussi déterminé à permettre à de jeunes chrétiens de participer aux célébrations du Jubilé à Rome. «Après un an de guerre, la plupart de nos jeunes sont désespérés, et ce que je veux faire, c'est les encourager. L'objectif est qu'ils vivent une expérience spirituelle profonde, et pas seulement qu'ils s'amusent. Psychologiquement, il est important de participer à des activités internationales pour qu’ils comprennent qu’à l’échelle mondiale, ils ne sont pas une minorité.””Nous voulons toujours leur apporter de l’espoir, un espoir qui ne vient pas de la politique, mais de Jésus… l’espérance ! Et c’est pourquoi, en tant que chrétiens de la patrie de Jésus, nous avons le devoir de rester ici, là où il a vécu, où il est mort et où il est ressuscité.”, conclut le Père Salman. (cath.ch/com/mp)