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    Le cardinal tchèque Dominik Duka est décédé à l'âge de 82 ans

    Le cardinal Dominik Duka, archevêque émérite de Prague, est décédé le 4 novembre 2025, dans la capitale tchèque à l’âge de 82 ans. Il était une des figures marquante de la résistance au communisme.

    Quelques semaines après la mort du cardinal roumain Lucian Mureșan, l’Europe centrale perd une autre figure historique de la lutte contre le communisme. Ses obsèques seront célébrées le 15 novembre et il sera inhumé dans la cathédrale Saint-Guy de Prague.

    Né le 26 avril 1943, à Hradec Králové, en Tchécoslovaquie, le jeune Jaroslav Duka (et pas encore Dominik) est fils d’un militaire intégré de force à l’armée nazie avant d’en déserter pour rejoindre les rangs britanniques dans la Royal Air Force. En 1948, son père, jugé trop proche de l’Occident, est emprisonné par le régime communiste, laissant sa mère l’éduquer seule, lui et sa sœur Eva, pendant plusieurs années.

    L’enfance de Jaroslav est très difficile: sa famille est expulsée de son logement, puis il n’est pas autorisé à poursuivre ses études à l’université à cause du passé de son père, ce qui entretient le jeune garçon dans son opposition au régime. Il doit cependant faire son service militaire puis commencer à travailler dans une usine gérée par le gouvernement.

    Une vocation contrariée, dominicain en secret

    Mais il a une autre vocation: après plusieurs essais infructueux, il est finalement admis à la faculté de théologie de Litomerice en 1965, dont il sort en 1970 en étant ordonné prêtre. En cours de formation, il rejoint secrètement les dominicains, interdits par le régime, et prend comme nom de code le prénom du fondateur de l’Ordre des prêcheurs, Dominik, qu’il gardera par la suite.

    À partir de 1970, Dominik Duka est prêtre dans des paroisses de la Bohême occidentale, ayant été transféré après avoir été identifié par le régime communiste alors qu’il enseignait la religion. En 1975, le gouvernement lui interdit d’exercer sa charge sacerdotale, et il est à nouveau obligé de travailler, occupant pendant 15 ans un poste de dessinateur industriel dans l’usine Škoda à Pilsen.

    Pendant cette période, il prononce ses vœux perpétuels, et établit avec d’autres dominicains une société secrète dans une maison pour former les membres de l’Ordre et publier des samizdats religieux. En 1976, il prend en charge l’enseignement de l’Ordre dominicain, et crée un réseau d’enseignement avec l’aide du cardinal polonais Stefan Wyszyński, alors archevêque de Varsovie et primat de Pologne, un pays où l’Église dispose d’une meilleure assise qu’en Tchécoslovaquie, malgré, là aussi, des relations difficiles avec le régime communiste.

    Camarade de prison de Vaclav Havel

    En 1981, le Père Dominik Duka est confondu par la police et condamné à 15 mois de prison à Bory. Une période qu’il décrira comme fructueuse parce qu’elle lui permet de rencontrer tous les grands noms de l’opposition, notamment Václav Havel, ainsi que de nombreux supérieurs religieux. Des connaissances pour lesquelles il célèbrera des messes clandestines et qui resteront ses amis par la suite.

    «Après 1989, je me suis retrouvé dans le rôle : ‘Allez, négociez, vous connaissez Havel, vous connaissez Dienstbier…’ », racontera-t-il plus tard. Václav Havel (1936-2011) deviendra le dernier président de la Tchécoslovaquie de 1989 à 1992, puis le premier président de la République tchèque de 1993 à 2003, après la scission de ce pays avec la Slovaquie. Bien que relativement détaché par rapport à la foi catholique, le «président philosophe» gardera une relation de profonde amitié avec le cardinal Duka. Jiří Dienstbier (1937-2011), pour sa part, deviendra ministre des Affaires étrangères puis haut-représentant de l’ONU en Yougoslavie.

    Provincial des dominicains après la Révolution de velours

    Entre 1986 et 1998, le Père Dominik Duka devient provincial des dominicains de Tchécoslovaquie. Son ordre sort de l’illégalité en 1989 après la « Révolution de velours », et il obtient le retour des monastères en ville en 1990 après 40 ans de totalitarisme. Considéré comme un des artisans de la reconstruction morale de son pays après la Chute du Mur, il s’impose comme un intellectuel prolifique, en tant que bibliste, ou collaborateur de nombreuses universités et revues, notamment Communio. Il participe activement à la traduction en tchèque de la Bible de Jérusalem, qui paraît en 2009.

    En 1998, le pape Jean-Paul II le nomme évêque de Hradec Králové, sa ville natale. Tout en restant dans son diocèse, il est aussi administrateur apostolique de Litomerice de 2004 à 2008. Il reçoit la Grand Croix de l’Ordre de Malte et est décoré de la Croix du Mérite de première classe par l’armée tchèque en 2008.

    Archevêque de Prague pendant 12 ans

    En 2010, Benoît XVI le nomme archevêque de Prague. La même année, il est élu à la tête de la Conférence des évêques tchèques. Il mène alors une longue bataille en vue de se faire restituer les biens de l’Église confisqués par les communistes, et obtient gain de cause en 2015. En 2012, il est créé cardinal par le pontife allemand, avec lequel il entretient d’excellentes relations, qui se poursuivront après la renonciation de Benoît XVI. Il fera partie des cardinaux à lui rendre visite dans sa résidence du monastère Mater Ecclesiae.

    Le cardinal Duka participe au conclave de 2013. Considéré comme conservateur, il fait partie des cardinaux qui signent un livre pour défendre la vision traditionnelle de la famille lors du second synode sur la Famille, en 2015. Il prendra ses distances avec la ligne du pape François notamment sur la question sensible de l’accès à la communion pour les divorcés-remariés, manifestant ses dubia dans un échange de courrier avec le cardinal Fernández, alors nouveau préfet du dicastère pour la Doctrine de la foi, à l’automne 2023.

    Le cardinal Dominik Duka se fait souvent défenseur de la liberté religieuse des chrétiens dans le monde, n’hésitant pas à critiquer la Turquie ou la Chine. Pendant la crise pandémique, il pointe d’ailleurs du doigt la responsabilité de cette dernière.

    Une figure de référence pour l’Europe centrale

    En 2022, le cardinal Duka contracte le Covid-19 et ne peut participer à la visite ad limina de l’épiscopat tchèque. En mai de la même année, le pape François accepte sa renonciation en tant qu’archevêque de Prague à l’âge de 79 ans. Il se retire donc quatre ans après l’âge légal, le gouvernement tchèque ayant demandé son maintien en poste.

    Dominik Duka a reçu plusieurs doctorats honoris causa, notamment de la Faculté de théologie de l'Université de Fribourg en 2010. Ce titre a été décerné pour reconnaître son engagement pour la foi chrétienne, surtout dans un contexte de répression communiste où il a exercé clandestinement. Il a également reçu des doctorats honoris causa de l'Université de Paris et de l'École polytechnique de Poznań.

    Le 29 mars 2025, le cardinal Duka présidait encore à la basilique Saint-Pierre la messe du pèlerinage jubilaire de la République tchèque, en présence d’environ 2.000 pèlerins venus de ce pays marqué par une forte sécularisation, mais gardant un solide noyau catholique dans les élites et le milieu académique. En l’absence du pape François alors convalescent, le cardinal Duka lit un message dans lequel le pontife argentin encourage les fidèles tchèques à devenir « des témoins de paix et d’espoir dans un monde qui en a tant besoin, y compris en Europe ».  Ayant franchi le seuil des 80 ans le 26 avril 2023, le cardinal Duka n’a pas participé pas au récent conclave qui a conduit à l’élection de Léon XIV.

    Après le décès du cardinal Duka, le collège des cardinaux compte désormais 245 cardinaux, dont 127 électeurs.  (cath.ch/imedia/cv/mp)

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