Le cardinal tanzanien Polycarp Pengo est décédé le 19 février 2026 à Dar es-Salaam, à l’âge de 81 ans, au Jakaya Kikwete Cardiac Institute où il était hospitalisé, rapportent les médias du Vatican.
Figure importante de l’Église catholique en Afrique, archevêque émérite de Dar es-Salaam depuis 2019, il a été particulièrement engagé dans le dialogue islamo-chrétien dans son pays qui compte un tiers de musulmans.
Les funérailles du cardinal Pengo seront célébrées le 28 février à Dar es-Salaam. Avec son décès, le collège cardinalice compte désormais 244 membres, dont 121 électeurs et 123 non électeurs de plus de 80 ans.
Polycarp Pengo est né le 5 août 1944 dans le diocèse de Sumbawanga. Ordonné prêtre pour son diocèse en 1971, il est devenu le secrétaire de son évêque avant de partir étudier durant quatre ans la théologie morale à Rome, à l’Université pontificale du Latran. Recteur de séminaire à son retour, il a été ensuite nommé et ordonné évêque par Jean Paul II en personne en 1983 pour le diocèse de Nachingwea. Il avait alors 39 ans.
En 1990, il a été nommé archevêque coadjuteur du diocèse de Dar es-Salaam, alors capitale du pays. Il a succédé deux ans plus tard comme archevêque au cardinal Laurean Rugambwa (1912-1997), élevé à la pourpre par Jean XXIII en 1960, et qui fut le premier cardinal né en Afrique.
En 1998, Mgr Pengo a été créé cardinal par Jean-Paul II à l’âge de 53 ans. Il a participé à ce titre aux conclaves de 2005 et de 2013. Il a pris en 2007 la tête du symposium des Conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SECAM).
Celui qui était archevêque émérite depuis 2019 a longtemps dénoncé les fléaux qui affligent la Tanzanie – la corruption et les violences tribales et religieuses. Artisan du dialogue islamo-chrétien dans un pays qui compte 60% de chrétiens et 35% de musulmans, il s’est inquiété de la montée du fondamentalisme musulman. Il a déploré tout autant le fondamentalisme chrétien présent dans les Églises évangéliques qui attirent de plus en plus de fidèles.
Sur la question des abus sexuels sur mineurs commis dans l’Église, le cardinal Pengo a amorcé une prise de conscience dans une Église africaine peu encline à affronter ce mal. En 2014, il s’est prononcé pour une « tolérance zéro » sur la question. Comme la plupart des membres du clergé en Afrique, le cardinal Pengo était un conservateur sur le plan de la doctrine de l’Église en matière de morale sexuelle.
Sur le plan pastoral, il s’est exprimé sur le cas des prêtres africains envoyés en Occident et qui ne souhaitent plus retourner dans leur pays. Déplorant qu’il s’agisse généralement « de la crème de la crème » du clergé, il a considéré plus utile que l’Afrique garde ses missionnaires.
Polycarp Pengo était un des derniers cardinaux nommés par Jean-Paul II. La Tanzanie garde encore un cardinal électeur en la personne de Protase Rugambwa, 65 ans, créé cardinal par le pape François en septembre 2023. (cath.ch/imedia/hl/ak/mp)