Le cardinal Joseph Coutts, archevêque émérite de Karachi, fêtera ses 80 ans le 21 juillet 2025. L’unique cardinal du Pakistan, intégré dans le Sacré-Collège par le pape François en 2018, perdra donc son titre d’électeur, quelques mois après avoir participé à l’élection de Léon XIV.
À la retraite depuis 2021, le cardinal Coutts demeure une figure de référence pour la petite communauté catholique du Pakistan, à laquelle son cardinalat a donné une visibilité inédite à l’échelle romaine et mondiale. Ce prélat, considéré par ses concitoyens comme un homme d’une grande sagesse, a servi dans quatre des sept diocèses du pays. Il a accompagné les périodes les plus tourmentées de l’histoire de sa nation : les guerres avec l’Inde, les tensions avec l’Afghanistan, l’alternance entre gouvernements démocratiques et dictatures militaires, et surtout les persécutions à l’encontre de la minorité chrétienne.
D’origine indienne, il est né deux ans avant l’indépendance et la séparation du Pakistan et de l’Inde, le 21 juillet 1945, à Amritsar. Cette ville qui faisait alors partie de l’Inde britannique se situe à une trentaine de kilomètres de la frontière avec le Pakistan.
Élevé dans une famille chrétienne, il décide de rejoindre le séminaire de Karachi. Ordonné en 1971, il est rattaché au diocèse de Lahore, au Pakistan, pays auquel il va consacrer toute sa vie. Le jeune prêtre est alors envoyé à Rome pour trois ans de formation à la suite desquels il enseigne puis occupe des responsabilités dans le séminaire local. En 1990, le père Joseph Coutts est nommé par Jean-Paul II évêque de Hyderabad.
Succession dramatique à Faisalabad
Ses responsabilités se multiplient en 1998 lorsque lui est confié l’archevêché de Faisalabad, dans un contexte particulièrement dramatique. Mgr Coutts succède en effet dans ce poste à Mgr John Joseph, alors vice-président de l’épiscopat pakistanais, qui s’est publiquement suicidé en se tirant une balle dans la tête devant le tribunal d’une ville du Pendjab, afin de protester contre la condamnation à mort d’un chrétien accusé d’avoir blasphémé contre Mahomet.
Mgr Joseph Coutts devient au même moment président de la Conférence des évêques du Pakistan et de la branche nationale de l’association Caritas. Au cours de ses 13 ans en tant qu’archevêque de Faisalabad, il crée un comité pour résoudre les différends religieux entre musulmans, chrétiens et hindous.
Benoît XVI lui confie la tête de l’archidiocèse de Karachi en 2012, et le pape François lui remet la pourpre en 2018. Après sa création cardinalice, la Conférence des évêques du Pakistan souligne que le cardinal Coutts est un « visionnaire doté d’une immense connaissance et d’une compréhension approfondie des questions politiques ».
Promoteur de l’harmonie et du dialogue
Dans un pays où 95% de la population se rattache à l’islam, les leaders chrétiens ont la lourde tâche d’encourager le dialogue interreligieux. Face à la pression des groupes extrémistes, le cardinal Coutts rappelle que les chrétiens pakistanais ne sont pas une minorité invisible. (cath.ch/imedia/cv/mp)