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    Synode sur la synodalité Les conclusions du processus synodal attendues prochainement
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    Le cardinal Ladislav Nemet, archevêque de Belgrade © capture d'écran YouTube

    Ladislav Német, le premier cardinal serbe de l’histoire

    À 68 ans, Mgr Ladislav Német, archevêque de Belgrade, est devenu le 7 décembre 2024, le premier cardinal serbe de l’histoire. Étoile montante en Europe centrale, il a acquis une certaine stature ces dernières années sur le Vieux continent, et il s’est révélé partisan d’un «changement culturel» au sein de l’Église, dans le sillage du chantier synodal lancé par le pape François.

    Ladislav – ou László – Német est né le 7 septembre 1956 dans la région de la Voïvodine serbe, à la frontière avec la Croatie, dans ce qui était alors la Yougoslavie. Choisissant la voie religieuse, il intègre la Société du Verbe Divin (religieux appelés les verbites) au sein de laquelle il fait profession solennelle le 8 septembre 1982. Après des études de théologie en Pologne, il est ordonné prêtre le 1er mai 1983.

    En 1985, il est envoyé à l’Université pontificale grégorienne de Rome pour poursuivre ses études pendant deux ans. Son doctorat en théologie dogmatique en poche, il part en 1987 aux Philippines, où il travaille comme aumônier universitaire.

    Spécialiste de la «théologie de la création»

    «C’était la première fois que j’arrivais dans une société où l’existence de Dieu n’était pas une question», confiera plus tard le missionnaire issu d’un pays marqué par le communisme athée. Et de se souvenir: «À l’université où je travaillais, il y avait un groupe universitaire maoïste-marxiste. […] Même eux croyaient en Dieu, mais en Europe, malheureusement, nous avons déjà atteint le point où les gens […] peuvent dire qu’ils ne croient pas en Dieu.»

    En 1994, ce spécialiste de la «théologie de la création» est envoyé en Autriche pour enseigner à l’Université de Mödling. Puis en 2000, il devient collaborateur de la représentation permanente du Saint-Siège auprès des organisations internationales à Vienne.

    Transféré en Hongrie, le polyglotte, qui maîtrise le hongrois, le serbe, l’anglais, l’allemand, le polonais, l’italien et le croate, prend la tête de la province hongroise de son ordre entre 2004 et 2007. Il est élu par ailleurs secrétaire général de la Conférence épiscopale hongroise en 2006.

    Une personnalité des Balkans

    En 2008, le pape Benoît XVI lui confie le diocèse de Zrenjanin en Serbie, où il est ordonné évêque le 5 juillet par le cardinal Peter Erdö. Il y retrouve sa région d’origine et une réalité pastorale modeste. La Serbie compte quatre diocèses et les catholiques représentent une petite minorité de 5,6 % (360’000 personnes) de la population à majorité orthodoxe (85%).

    Si beaucoup de fidèles sont des couples mixtes catholiques-orthodoxes, Mgr Német reconnaît que les relations avec la hiérarchie orthodoxe «pourraient être meilleures». La Serbie souffre par ailleurs de l’émigration de ses jeunes générations et d’une partie de sa population active.

    Dans sa pastorale, Mgr Német prône une Église de l’accueil et un «changement de culture», notamment pour lutter contre les abus. Bien qu’il réfute les termes «libéral» ou «conservateur», estimant que «les catégories tirées de la politique n’ont pas leur place dans l’Église». Il est sensible aux thèmes bergogliens d’inclusion et de compassion, et attentif à la participation des laïcs. «Beaucoup de gens pensent que l’on ne peut être membre à part entière de l’Église que si ‘ses papiers sont en règle’, par exemple si l’on a été baptisé, si son mariage et son orientation sexuelle sont acceptables», constate l’évêque. Il souligne que «le pape François nous a fait comprendre que chacun a sa place dans l’Église».

    Le pape en Serbie?

    Le Serbe a acquis une certaine stature dans l’Église de l’Europe centrale. Depuis 2016, il est président de la conférence épiscopale internationale des saints Cyrille et Méthode, qui regroupe les diocèses latins de la plupart des pays des Balkans de tradition orthodoxe – Serbie, Monténégro, Macédoine et Kosovo. Depuis 2021, il est aussi vice-président du Conseil des conférences des évêques d’Europe. À ce titre, il a participé activement au processus synodal lancé par le pape François pour rendre l’Église moins cléricale.

    En 2022, après un temps de retrait pour cause de mauvaise santé, le pontife argentin l’a nommé archevêque de Belgrade, capitale du pays qui compte 20’000 fidèles et une vingtaine de prêtres. Au sein du collège des cardinaux, il représentera une région – les Balkans occidentaux – à laquelle le Saint-Siège reste très attentif.

    La nomination du premier cardinal serbe pourrait aussi préparer le terrain à une éventuelle visite du pape en Serbie même, qui demeure l’un des derniers pays européens à ne jamais avoir été visité par un pape, avec notamment le Monténégro, la Moldavie, la Biélorussie et la Russie. En août 2023, le pape François avait expliqué qu’un voyage au Kosovo, pays qui a pris son autonomie de la Serbie en 2008, et dont le Vatican ne reconnaît pas l’indépendance, était à l’étude. (cath.ch/imedia/ak/rz)

    Centre catholique des médias Cath-Info

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