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    La parabole du bon samaritain au cœur du débat migratoire américain

    Dans un article publié le 1er février, le site d’information catholique Crux relève que l’arrivée de JD Vance à la vice-présidence des États-Unis a pour effet, un peu surprenant dans ce pays, de relancer des réflexions théologiques autour de l'enseignement social de l’Église.

    Comme l’a soulevé le média Religion News Service (RNS), JD Vance a une relation complexe avec la religion. Né dans une famille protestante, conservatrice et évangélique, le vice-président des États-Unis s'est converti au catholicisme en 2019. Il a reconnu à plusieurs reprises l'influence qu'ont eu sur lui les écrits de saint Augustin d'Hippone.

    La hiérarchie de l'amour

    Interpellé le 29 janvier 2025 sur Fox News à propos de la politique migratoire mise en place par l’administration Trump et visant à expulser des millions de personnes, il a déclaré qu’elle n'entrait pas en conflit avec ses propres croyances religieuses. Pour certains observateurs, il aurait repris en guise d’argument une idée attribuée parfois à saint Augustin, mais sans se référencer nommément à lui: celle de l'ordo amoris - la hiérarchie de l'amour.

    «Il y a cette vieille école - et je pense que c'est un concept très chrétien, d'ailleurs - selon laquelle on aime sa famille, puis on aime son voisin, puis on aime sa communauté, puis on aime ses concitoyens et son propre pays, et ensuite on peut se concentrer sur le reste du monde et en faire une priorité, a ainsi expliqué JD Vance. Une grande partie de l'extrême gauche a inversé cela. Ils semblent haïr les citoyens de leur propre pays et se soucier davantage des personnes qui se trouvent à l'extérieur de leurs frontières. Ce n'est pas une façon de gérer une société.»

    Justifiant ainsi la théorie politique de l’America First revue par Trump, il a déclaré que «cela ne signifie pas que vous détestez les autres», mais que les intérêts des citoyens américains passent au premier plan.

    Thomas d'Aquin ou le Bon Samaritain?

    Les commentaires de JD Vance ont suscité de fortes réactions auprès des catholiques du pays, donnant à la discussion des allures théologiques, ce qui est assez rare aux États-Unis.«Le débat catholique y est surtout confiné aux universités catholiques et aux intellectuels publics», relève en effet Crux.

    Les catholiques les plus conservateurs ont relayé les propos de Vance en rappelant une citation de Thomas d’Aquin tirée de sa Somme théologique: «C’est pourquoi, en ce qui concerne la nature, nous devons aimer davantage nos parents; en ce qui touche aux relations de la vie civile, nos concitoyens; et enfin, en ce qui concerne la guerre, nos compagnons d’armes.»

    À ces arguments «pour» ont répondu sur X ceux du jésuite américain James Martin, connu pour son engagement pour l’accueil des personnes homosexuelles et transsexuelles. Le vice-président Vance fait l’impasse sur la parabole du Bon Samaritain de Jésus (Luc 10,25-37), fait-il remarquer.

    À la question posée par un docteur de la loi «Et qui est mon prochain?» Jésus répond en racontant «l'histoire d'un homme juif qui a été battu par des voleurs et qui gît sur le bord de la route, relate le prêtre jésuite. L'homme est aidé non pas par ses proches (un prêtre et un lévite), mais par un Samaritain. À l'époque, Juifs et Samaritains se considéraient comme des ennemis».

    La perspective de l'homme battu

    Le message fondamental de Jésus est donc que «tout le monde» est votre prochain et qu'il ne s'agit pas d'aider uniquement votre famille ou vos proches, conclut le jésuite, mais aussi ceux qui semblent différents. Mais il faut aller encore plus loin, note-t-il: le point de vue de Jésus ne peut être compris que depuis la perspective de l'homme battu: «Notre salut ultime dépend, comme pour cet homme, de ceux que nous considérons souvent comme des 'étrangers’.» (cath.ch/crux/lb)

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