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    «La menace de plus en plus concrète d’une guerre mondiale»

    Le pape François s’est à nouveau alarmé, le 9 janvier 2025, d’une «menace de plus en plus concrète d’une guerre mondiale». Il s’exprimait lors de ses vœux de Nouvel An au Corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège.

    Dans son discours annuel très observé, qui fixe le cap diplomatique du Saint-Siège – qui entretient des relations officielles avec 184 États –, le pontife a dessiné les traits d’une «diplomatie de l’espérance» à l’attention des responsables politiques. A cause d’un rhume, le texte du pape a été lu par le prêtre italien Filippo Ciampanelli.

    Le pontife a demandé que la nouvelle année soit l’occasion de «faire une pause» et de «repenser les relations qui nous lient». Ceci «afin que l’avenir ne nous trouve pas tels des vagabonds désespérés, mais des pèlerins de l’espérance», a-t-il ajouté. Il s’inspire ainsi du thème du grand Jubilé qui se déroulera toute l’année dans l’Église catholique.

    Climat de fake news

    Déplorant un «climat d’insécurité» général, le pape, qui a reçu au Vatican plus de 30 chefs d’État et de gouvernement en 2024, a dénoncé «la reprise d’actes odieux de terreur, comme ceux qui se sont produits récemment à Magdebourg en Allemagne et à la Nouvelle-Orléans, aux États-Unis».

    Le pape s’est attaqué aux fake news qui déforment les consciences et créent «un climat de suspicion qui attise la haine». Et de lancer: «Les attentats contre le Président du Gouvernement de la République Slovaque et contre le Président élu des États-Unis d’Amérique en sont des exemples tragiques». Des propos qui sonnent comme une main tendue à Donald Trump, dont les relations avec le pontife argentin s’annoncent difficiles, après que le président élu a proposé la nomination d’un ambassadeur près le Saint-Siège ouvertement hostile à la ligne du pape François.

    Négocier avec «les plus gênants»

    Dans ce texte, le pape a d’ailleurs réitéré la ligne de la diplomatie vaticane, demandant aux ambassadeurs «de favoriser le dialogue avec tous, y compris avec les interlocuteurs considérés comme les plus 'gênants’ ou que l’on ne considère pas comme légitimes pour négocier».

    Il a dénoncé la tendance à «tracer de nouvelles frontières», comme «des lignes de démarcation identitaires», en plus des frontières qui divisent «l’île de Chypre depuis plus de cinquante ans» et «la péninsule coréenne depuis plus de septante ans». Le pape a visité ces deux pays respectivement en 2021 et en 2014.

    Un droit à l’avortement «inacceptable»

    François a souhaité «une diplomatie de la vérité», pointant du doigt la tendance à créer sa «propre vérité au mépris de l’objectivité du vrai». Dans les dialogues diplomatiques, il a appelé à un langage «simple, clair et convenu», critiquant «la tentative d’instrumentaliser les documents multilatéraux – en changeant la signification des termes ou en réinterprétant unilatéralement le contenu des traités relatifs aux droits de l’homme – afin de promouvoir des idéologies qui divisent».

    Le pape a une nouvelle fois dénoncé une «colonisation idéologique» qui passe par des «programmes soigneusement planifiés», et «se concentre sur les droits des individus, négligeant les devoirs envers les autres», a-t-il souligné. Il a jugé «inacceptable […] de parler d’un soi-disant droit à l’avortement qui contredit les droits de l’homme, en particulier le droit à la vie (…) Aucun enfant n’est une erreur ou coupable d’exister, de même qu’aucune personne âgée ou malade ne peut être privée d’espérance ni rejetée.»

    Une humanité plus perdue que jamais

    «Jamais l’humanité n’a connu tant de progrès, de développement et de richesses, et jamais peut-être elle ne s’est tant retrouvée seule et perdue, préférant souvent les animaux domestiques aux enfants», a encore glissé l’Argentin, qui s’attriste souvent du déficit de natalité en Europe.

    En termes de manipulation des consciences, le 266e pape a aussi confié ses craintes vis-à-vis des moyens modernes de communication et de l’intelligence artificielle. À l’égard de l’expansion de celle-ci, il a plaidé pour une attention sur «les droits de propriété intellectuelle, la sécurité de l’emploi pour des millions de personnes, le respect de la vie privée et la protection de l’environnement contre les déchets électroniques».

    Condamnation du «génocide» à Gaza et de l’antisémitisme

    Le successeur de Pierre s’est longuement adressé à la communauté internationale pour résoudre les nombreux conflits qui ravagent le globe, en prônant une «diplomatie du pardon». Il a exhorté en premier lieu à «mettre fin à la guerre qui ensanglante depuis près de trois ans l’Ukraine torturée» et à «panser les plaies infligées par l’agression», sans toutefois nommer directement la Russie.

    Dans la ligne de ses appels incessants depuis plus d’un an, il a demandé un cessez-le-feu en Terre sainte et la libération des otages israéliens à Gaza, «où la situation humanitaire est très grave et ignoble». Le pontife, qui a eu ces derniers temps des mots très durs sur les agissements d’Israël, dénonçant un «génocide» dans la bande de Gaza, a cependant condamné «fermement» les «expressions grandissantes de l’antisémitisme, […] qui touchent un nombre croissant de communautés juives dans le monde».

    Il a réitéré la position du Saint-Siège en faveur de deux États israélien et palestinien, et de la préservation du statut de Jérusalem comme «ville de la rencontre où chrétiens, juifs et musulmans cohabitent en harmonie et dans le respect».

    Disponibilité à discuter avec le Nicaragua

    En Syrie, François a plaidé pour la protection de l’intégrité territoriale et de l’unité du peuple syrien, y compris des chrétiens, pour permettre les «réformes constitutionnelles nécessaires». Au Liban, il a appelé de ses vœux la «stabilité institutionnelle» reconstruire le sud du pays touché par la guerre, et «mettre pleinement en œuvre la Constitution et les Accords de Taëf».

    François a dressé la liste des conflits qui persistent sur le continent africain, citant le Soudan, le Sahel, la Corne de l’Afrique, la crise politique au Mozambique, ainsi que le terrorisme dans les régions orientales de la République démocratique du Congo.

    Il a mentionné également le Myanmar, avant de passer sur le continent américain, incitant de prime abord à «rétablir l’ordre démocratique et mettre fin à la violence» à Haïti. Le pape a nommé en outre les crises politique au Venezuela, demandant le respect des droits des personnes arrêtées durant les protestations sociales, en Bolivie et en Colombie. En direction du Nicaragua, le pontife a assuré de la disponibilité du Saint-Siège pour dialoguer, s’inquiétant des «mesures prises à l’encontre des personnes et des institutions de l’Église».

    Poursuivre le dialogue avec la Chine

    Par ailleurs, l’évêque de Rome s’est élevé contre les persécutions perpétrées par des groupes terroristes contre des chrétiens en Afrique et en Asie, et contre «les formes plus 'délicates’ de limitation de la liberté religieuse qu’on rencontre parfois aussi en Europe». Et de viser «des normes juridiques et des pratiques administratives qui limitent ou annulent en fait les droits que les Constitutions reconnaissent formellement aux croyants individuels et aux groupes religieux».

    Le pontife argentin a salué en revanche quelques récents signes encourageants, comme le renouvellement de l’Accord provisoire entre le Saint-Siège et la République populaire de Chine sur la nomination des évêques en octobre dernier. Il s’est réjoui de «la volonté de poursuivre un dialogue respectueux et constructif pour le bien de l’Église catholique dans le pays et de tout le peuple chinois». Ou encore la «reprise des négociations pour revenir à la plateforme d’accord sur le nucléaire iranien».

    L’esclavage moderne du travail

    Si «deux mille ans de christianisme ont contribué à éliminer l’esclavage de tous les systèmes juridiques», s’est félicité François, il a pointé du doigt la persistance «de multiples formes d’esclavage». Le pape s’est arrêté particulièrement sur «l’esclavage du travail, peu reconnu mais largement pratiqué».

    Le discours du pape a visé deux autres esclavages: celui de la toxicomanie – notamment chez les jeunes – et de «l’ignoble phénomène du narcotrafic»; et celui du «commerce misérable» d’êtres humains. Pour ce dernier qui touche les migrants, il a souhaité des voies sûres et régulières de migration et l’élimination des causes qui poussent les gens à migrer.

    Éliminer la peine de mort

    En vue de l’année jubilaire qu’il a inaugurée le 24 décembre dernier, le pontife a lancé un nouvel appel à «éliminer la peine de mort dans toutes les nations» et à annuler les dettes «des pays qui ne pourront jamais les rembourser», en reconnaissant la «dette écologique» entre le Nord et le Sud. Il a également réitéré son appel à réorienter les fonds alloués à l’armement vers la lutte contre la faim.

    À Rome, reconnaissant que les chantiers de ces derniers mois «ont causé beaucoup de désagréments», il a remercié les habitants pour leur patience face à l’afflux des pèlerins, dont plus de 30 millions sont attendus en cette année jubilaire. (cath.ch/imedia/ak/rz)

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