En 2024, la France a été le deuxième pays contributeur au Denier de Saint-Pierre, derrière les États-Unis, avec 8 millions d’euros sur les 54,3 millions d’euros de dons reçus, annonce le Saint-Siège dans un rapport publié ce 27 juin 2025. Le déficit du fonds est en nette baisse par rapport à 2023.
Les comptes du fonds Obolus, qui administre les dons annuels des fidèles pour soutenir l’activité du pape et du Saint-Siège, sont restés dans le rouge lors de la dernière année du pontificat du pape François, avec un déficit de 17,4 millions d’euros — un chiffre toutefois en nette baisse par rapport à l’année précédente.
En 2023, le déficit du fonds Obolus avait atteint 57,4 millions d’euros. Un an plus tard, le fonds reste déficitaire, mais à hauteur de 17,4 millions d’euros, soit une réduction de 40 millions. Comme habituellement, le Saint-Siège ne révèle pas la valeur totale du patrimoine géré par ce fonds, autrefois placé sous la tutelle de la secrétairerie d’État, et confié depuis 2020 à l’Administration du patrimoine du Siège apostolique (APSA).
Cette diminution spectaculaire s’explique en partie par une hausse des dons, mais surtout par une réduction des dépenses. Au total, les recettes ont augmenté de 12% et les dépenses ont diminué de 31% entre 2023 et 2024. En 2024, le déficit de 17,4 millions a été compensé notamment par la vente d’actifs du Saint-Siège pour un montant de 16,5 millions d’euros.
Quinze pourcent des dons proviennent de France
En 2024, les fidèles ont ainsi donné 54,3 millions d’euros aux œuvres de charité du pape, soit 5,9 millions de plus qu’en 2023, auxquels s’ajoutent 3,7 millions d’euros de revenus financiers (stables par rapport à l’année précédente). Cette progression est due principalement à l’augmentation des contributions de donateurs privés, qui ont directement versé 8,9 millions d’euros au Vatican en 2024 contre seulement 2,1 millions en 2023. Les dons des diocèses — collectés via la campagne mondiale du Denier de Saint-Pierre — ont légèrement augmenté (+2%) et représentent 59% des recettes annuelles du fonds.
Un peu plus d’un quart des 54,3 millions d’euros de dons proviennent des États-Unis, qui ont versé près de 14 millions d’euros au Vatican en 2024. La France arrive en deuxième position avec 8 millions d’euros (15 % des dons), un bond notable par rapport à 2023, où les donateurs français n’avaient contribué qu’à hauteur d’un million d’euros. Les dons italiens (2,8 millions) sont en légère baisse, tout comme ceux en provenance du Brésil (1,7 million), tandis que l’Allemagne (1,5 million), la Corée (1,4 million) et le Mexique (1,1 million) enregistrent une hausse.
Le Denier de Saint-Pierre finance nettement moins la Curie romaine
En parallèle, les dépenses (sauf financières) du fonds du Denier sont de 74,5 millions d’euros en 2024, soit 28,5 millions de moins que l’année précédente (-27 %). Les dépenses de gestion financière du fonds du Denier ont également baissé de manière significative (-5,5 millions d’euros en un an).
Ces économies ont principalement affecté le fonctionnement du Saint-Siège: les institutions vaticanes n’ont reçu que 61,2 millions d’euros en 2024. Bien que le financement des entités du Saint-Siège par le Denier de Saint-Pierre représente encore 82% des dépenses effectuées par le fonds, la contribution versée par ce dernier a baissé de 28,8 millions d’euros par rapport à 2023. Conséquence: la part du budget des dicastères et autres entités du Saint-Siège financée par le Denier est passée de 24% en 2023 à 17% en 2024.
Soucieux de faire face à la baisse des dons observée ces dernières décennies, le pape François a mis en place, tout au long de son pontificat, une politique de rationalisation des finances vaticanes. En septembre dernier, il avait alerté les cardinaux sur le «déficit général» du Saint-Siège.
Le pontife argentin avait demandé aux responsables des dicastères et des autres institutions vaticanes de faire des économies et à rechercher des financements extérieurs pour soutenir leur mission, créant même une «commission chargée de la levée de fonds pour les œuvres du Vatican» en février dernier.
Le Denier de Saint-Pierre finance davantage les œuvres de charité du pape
Contrairement aux dotations finançant le fonctionnement de la Curie, le financement des œuvres de charité du pape n’a pas été affecté par cette politique d’austérité. Les dons du pontife ont même légèrement progressé, passant de 13 à 13,3 millions d’euros entre 2023 et 2024. Ils représentent désormais près de 18% des dépenses annuelles (+5 points).
Grâce à cette somme, le pape a pu soutenir 239 projets dans 66 pays, principalement en Afrique (43%). L’Europe arrive en deuxième position (25%), notamment en raison de la guerre en Ukraine et du financement d’études dans les universités pontificales. D’autres projets ont été soutenus via les dicastères, pour un total de 32 millions d’euros, ce qui porte les dons globaux en 2024 à 45 millions d’euros. (cath.ch/imedia/cd/rz)