Le 12 septembre 2025, le Bureau de presse du Saint-Siège a annoncé que, dans le cadre de la fusion de deux diocèses chinois officialisée la veille, la Chine a reconnu "civilement" la dignité épiscopale de deux évêques appartenant à l’Église clandestine, l’un d’entre eux devenant évêque auxiliaire du nouveau diocèse de Zhangjiakou.
Rome voit dans cette décision de Pékin une "étape importante" et un "fruit du dialogue entre le Saint-Siège et les autorités chinoises".
En créant jeudi le diocèse de Zhangjiakou, le Saint-Siège a abandonné un découpage diocésain qui datait de 1946, afin de se conformer à celui de l’Association patriotique, l’organisation fidèle au Parti communiste chinois. Cette restructuration s’est accompagnée de la nomination et de l’ordination d’un nouvel évêque, Mgr Wang Zhengui, déjà représentant officiel de l’Église nationale dans la région, que Rome a placé à la tête de la communauté des 85’000 catholiques du Hebei.
Cette nomination posait toutefois un problème: que devenaient les évêques de Xuanhua et de Xiwanzi, toujours en vie mais appartenant à l’Église clandestine c’est-à-dire non reconnue par l’Etat? Dans un communiqué publié ce vendredi, le Saint-Siège a clarifié la situation en annonçant que ces deux évêques étaient désormais officiellement reconnus par Pékin.
L’évêque de Xiwanzi, Joseph Ma Yan’en, ordonné en 2013, a été installé comme évêque auxiliaire le 12 septembre lors d’une messe à la cathédrale de Zhangjiakou présidée par Mgr Wang. Le Saint-Siège a précisé que le pape Léon XIV avait approuvé cette nomination le 4 septembre dernier, dans le cadre de l’accord signé en 2018 entre le Saint-Siège et la Chine. Cet accord, dont les termes restent secrets, prévoit que le pape conserve le dernier mot sur les nominations épiscopales.
Matteo Bruni, directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, a également annoncé que le statut épiscopal de Mgr Augustin Cui Tai, jusque-là évêque de Xuanhua, avait été reconnu "civilement" par l’Association patriotique, organe officiel de l’Etat. Cette décision, décrite comme un "fruit du dialogue entre le Saint-Siège et les autorités chinoises", conjuguée à l’installation de Mgr Ma Yan’en, est perçue par Rome comme une "étape importante dans le parcours de communion du nouveau diocèse". Celui-ci avait été marqué par des tensions en 2021, après des ordinations illégales de prêtres par l’Association patriotique.
Les deux évêques prêtent fidélité à la «construction globale d’un pays socialiste moderne»
Après l’installation de Mgr Ma, une cérémonie de départ à la retraite a été organisée pour Mgr Cui, a annoncé le site de l’Association patriotique. L’évêque n’avait plus donné signe de vie depuis son arrestation par la police en 2020. Il a atteint cette année l’âge de 75 ans, synonyme de retraite pour les évêques.
Le site de l’Église catholique en Chine rapporte aussi que, lors de ces cérémonies auxquelles ont participé des responsables de l’Association patriotique, Mgr Cui a prononcé un discours soulignant "l’importance de défendre le patriotisme et l’amour de l’Église, d’adhérer aux principes d’indépendance et d’autogestion de l’Église et de poursuivre la sinisation du catholicisme en Chine, contribuant ainsi à la construction globale d’un pays socialiste moderne et à l’avancement global du grand renouveau de la nation chinoise". Mgr Ma aurait lui aussi prêté serment sur ces mêmes valeurs lors de son installation. (cath.ch/imedia/cd/mp)