Le tribunal de Meru, au centre du Kenya, en Afrique de l’est, a ordonné, le 14 octobre 2025, la garde à vue prolongée pendant 14 jours, d'une religieuse de la congrégation des Sœurs de l'Annonciation de Nazareth (NSA), pour complément d’enquête, suite la mort suspecte d'une de ses consœurs de 65 ans, survenue le 11 octobre.
Selon un quotidien local Daily Nation, la religieuse avait confié à des membres de famille, craindre pour sa vie. Elle était responsable d’un foyer pour enfants de Meru. Un autre quotidien en ligne, Citizen digital a rapporté que la religieuse suspectée avait déclaré à la police, que sa consœur était décédée pendant qu’elle la conduisait à l’hôpital. Cette version a été contredite par les premiers éléments de l’enquête de qui révèlent des traces de sévices corporelles aux mains et aux jambes.
Prévenir un lynchage
Le quotidien Kenya a indiqué dans son édition en ligne du 15 octobre, que la détention de la religieuse vise à permettre à la police, de mener des enquêtes approfondie pour faire la lumière sur le meurtre présumé la religieuse. Il s'agit notamment de permettre aux enquêteurs d’effectuer des tests ADN et d’autres examens médico-légaux. «À mon avis, il est nécessaire, pour la sécurité et la protection de la suspecte, ainsi que pour prévenir la colère et les représailles du public, qu’elle soit détenue à ce stade», a déclaré la juge.
La défense, pour sa part, s’est opposée à la demande, affirmant que la soeur s’était rendue volontairement aux autorités et qu’elle était «prête à se conformer aux conditions du tribunal ». L’avocat de la religieuse a également précisé que, contrairement à ce qu’affirmait le ministère public, «la région n’est pas hostile» et que l’Église catholique était disposée à assurer sa sécurité.
Selon le diocèse de Meru, cité par l'agence catholique Aci Africa, "la défunte avait servi fidèlement pendant de nombreuses années à la tête du foyer pour enfants. On lui avait demandé de céder sa place à une autre religieuse, mais elle avait refusé." La même note précise que la religieuse «s’est effondrée et est décédée alors qu’elle était seule», ajoutant que la suspecte, «ne réside pas à proximité de sa chambre». Le diocèse précise que "néanmoins, une autopsie sera effectuée pour déterminer la véritable cause du décès". (cath.ch/ibc/mp)