La Conférence des évêques catholiques du Kenya (KCCB) a dénoncé la violation des droits humains dans le pays, où au moins 16 personnes ont été tuées mercredi 25 juin 2025, lors d’une violente répression de manifestations de jeunes.
Ces manifestations étaient organisées par des milliers de jeunes pour commémorer les violences du 25 juin 2024, au cours desquelles plus de 60 manifestants avaient perdu la vie, lors d’intervention des forces de l’ordre.
Les rassemblements à l’appel d’une organisation de jeunesse, «Génération Z», ont eu lieu dans plusieurs endroits du pays. Les revendications portaient sur le rejet d’une hausse des taxes et des impôts que voulaient introduire le gouvernement, la création d’emplois, la corruption, etc... Contraint par la rue, le Chef de l’Etat, a retiré les mesures impopulaires projetées
Dans un communiqué rapporté par les medias locaux, la KCCB a condamné « le mépris et la dévalorisation croissante de la vie et la dignité humaines » au Kenya. Elle a estimé que les incidents de ces derniers jours n’étaient pas isolés, mais s'inscrivaient dans « une tendance inquiétante » qui menace l’engagement national envers la Constitution et les droits humains. « La vie de chaque Kényan compte. Le Kenya doit s'arrêter face à une perte de vie et ne pas simplement tourner la page. La mort violente d'un pauvre villageois est tout aussi tragique que celle d'un homme politique important. Les Kényans doivent faire le deuil des deux ! Nous ne pouvons pas simplement tourner la page. Le Kenya mérite mieux ! », a ajouté la KCCB.
Les évêques dénoncent en outre «les disparitions mystérieuses, les exécutions extrajudiciaires et les intimidations violentes, devenues trop fréquentes ». Elle a cité les cas plus récents, dont ceux de deux prêtres : John Maina, Allois Bett, Albert Ojwang et d'autres personnes, « emportées dans des circonstances inexpliquées et violentes ». Il ne s'agit pas de simples de noms, puisque toutes les victimes sont des frères, des sœurs, des prêtres, des fils et des filles, et des amis qui méritaient protection et justice.
Les jeunes doivent être écoutés
Les évêques kenyans ont aussi souligné les actions entreprises en faveur des jeunes, en les appelant à exercer leurs droits pacifiquement et dans le respect de la loi. Depuis lors, l'Eglise et d'autres acteurs de la société civile ont cherché à les mobiliser, de manière significative, en leur offrant des plateformes de dialogue et de participation, car, ils méritent d’être écoutés et soutenus, mais pas d‘être réprimés. « Nous avons été témoins de harcèlement, d'enlèvements et, dans certains cas, de meurtres de jeunes dont le seul crime était d'avoir exprimé leur volonté de demander des comptes et de réclamer justice. Ces incidents ont laissé des familles en deuil et des communautés dans la peur », ont fustigé les évêques du Kenya. Ils exigent la “justice pour tous ceux qui ont été assassinés et abattus, et la condamnation de tous les auteurs”. (cath.ch/ibc/mp)