Du 5 au 6 septembre 2025, un pèlerinage de catholiques LGBT se tient pour la première fois à Rome à l’occasion de l’Année jubilaire, grand événement de l’Église organisé tous les 25 ans. Cette initiative a lieu quelques jours après l’audience accordée par Léon XIV au père James Martin, prêtre américain engagé en faveur de l’inclusion des personnes LGBT dans l’Église.
L’association « La Tente de Jonathan », qui organise ce pèlerinage inédit, a été fondée en 2018 par un prêtre italien, le père David Esposito, dans le but de faire plus de place dans l’Église aux personnes homosexuelles ou transsexuelles, mais aussi divorcées. L’événement, brièvement retiré du programme officiel du Jubilé ce printemps, y figure désormais et l’organisation du pèlerinage annonce que « plus de mille chrétiens LGBTQ+, leurs parents et les travailleurs pastoraux qui les accompagnent, provenant d’Italie et d’autres parties du monde, franchiront ensemble la porte sainte de Saint-Pierre » samedi.
Une veillée de prière est prévue ce vendredi soir dans l’église du Gesù, paroisse romaine confiée aux jésuites. Le lendemain, une messe sera présidée dans la matinée, dans la même église, par Mgr Francesco Savino, évêque de Cassano all’Jonio et vice-président de la conférence épiscopale italienne. Puis les pèlerins passeront sous la ‘porte sainte’ de la basilique Saint-Pierre dans l’après-midi avant de se retrouver pour un dîner. Le lendemain, ils retourneront place Saint-Pierre pour assister à l’Angélus.
Ce vendredi matin, le pèlerinage a débuté avec un temps de témoignage qui s’est tenu à la Curie générale de la Compagnie de Jésus, inauguré par le père James Martin. Ces dernières années, ce jésuite américain est devenu la figure de proue de ceux qui demandent une plus grande inclusion des personnes LGBT dans l’Église catholique. Fondateur du mouvement Outreach, qui participe aussi au pèlerinage jubilaire, il a été reçu en audience par le pape Léon XIV le 1er septembre.
« Le message que j’ai reçu était que le pape Léon continuera à faire preuve de la même ouverture d’esprit que François envers les catholiques LGBTQ », a-t-il déclaré sur X après sa rencontre. Le pape argentin avait rencontré à plusieurs reprises des groupes de personnes homosexuelles ou transsexuelles pendant son pontificat, et avait nommé le père Martin consulteur du dicastère pour la Communication en 2017. En 2023, le pape argentin avait approuvé la publication de la déclaration Fiducia supplicans, qui autorisait les prêtres à effectuer des bénédictions non rituelles de couples homosexuels ou divorcés, provoquant une forte opposition chez certains responsables catholiques, notamment en Afrique.
Pas d’audience officielle avec Léon XIV
Léon XIV, pour sa part, est resté discret sur ces questions, et ne doit pas recevoir le groupe de pèlerins actuellement à Rome. Le 10 juillet, il a nommé évêque de Baker (États-Unis) le Père Thomas Hennen, un prêtre qui a collaboré avec Courage International, association qui encourage les personnes ressentant une attirance homosexuelle à la chasteté. Cet organisme reconnu par la conférence des évêques américains a été fortement critiqué par les mouvements LGBT.
Des groupes en faveur d’une plus grande inclusion des personnes LGBT dans l’Église catholique pourraient rencontrer le pape lors du Jubilé des équipes synodales qui se tiendra à Rome du 24 au 26 octobre prochains. Le programme de cet événement, organisé par le secrétariat général du Synode, n’est pas encore connu.
La question très médiatique de la place des minorités sexuelles dans l’Église a notamment été soulevée ces dernières années lors du Synode sur la synodalité, grand processus de réflexion encore en cours lancé par le pape François dans le but de rendre l’Église plus inclusive et moins cléricale. Dans le document final du Synode, publié en 2024, était soulignée la « souffrance » de certains chrétiens qui se sentent « exclus ou jugés » en raison de leur sexualité.
L’assemblée synodale, dont le cardinal Robert Francis Prevost faisait partie, avait aussi exprimé sa « proximité et son soutien à tous ceux qui vivent une condition de solitude dans un choix de fidélité à la Tradition et au Magistère de l’Église à propos du mariage et de l’éthique sexuelle ». L’année précédente, l’acronyme LGBT avait été retiré d’un document (rapport de synthèse) par les membres du synode. Dans son catéchisme, l’Église catholique condamne les relations homosexuelles. (cath.ch/imedia/cd/mp)