La décision de 'l’administration civile' dans les Territoires palestiniens occupés, de procéder à l’expropriation d’environ 550 parcelles agricoles sur le site de Sébaste, suscite une vive indignation dans la région. Sous couvert de préservation du site, Israël s’approprie illégalement ce territoire.
L’ONG Emek Shaveh, qui lutte contre la politisation de l’archéologie, a dénoncé le 24 novembre 2025 la décision des autorités israéliennes d’exproprier environ 200 hectares de terres agricoles privées palestiniennes, à proximité du site archéologique de Sébaste. 'L’administration civile’ israélienne affirme de son côté vouloir permettre la “préservation et le développement du site archéologique”, de l’une des cités antiques les plus importantes de la région, rapporte le journal Times of Israël.
Une ville antique importante
Située en Cisjordanie occupée, le village de Sébastia tire son nom de Sébaste, la ville romaine construite par Hérode le Grand en 25 avant J-C, sur les ruines de ce qui a été identifié comme Shomron, la capitale du royaume d’Israël aux IXe et VIIIe siècles avt J-C. À l’époque byzantine, la ville est devenue le siège d’un évêché, la tradition chrétienne y fixant le lieu du tombeau de saint Jean-Baptiste.
Israël s’y intéresse depuis des années. En 2023, le gouvernement avait alloué 8,5 millions d’euros au développement du site comme lieu touristique. En juillet 2024, l’armée a israélienne saisi le haut de la butte du site pour y installer un point de surveillance. En mai 2025, Israël y a lancé une campagne de fouilles en violation du droit international qui interdit en effet aux puissances occupantes de mener des fouilles archéologiques dans les territoires occupés.
Une appropriation illégale
«L’expropriation restreindra fortement l’accès aux terres agricoles et pourrait entraîner la perte d’environ 3 000 oliviers, dont certains sont vieux de plusieurs siècles», a déploré l’ONG Emek Shaveh.
Pour les Palestiniens l'objectif israélien n'est pas de développer le site pour «l'ensemble du public», mais de le confisquer aux Palestiniens, pour le transférer aux colons israéliens. Le ministre des Affaires de la diaspora, Amichai Chikli, l’a clairement exprimé: «L'archéologie et l'histoire prouvent encore et encore qui sont les véritables propriétaires de la Judée et de la Samarie».
L'expropriation à Sébaste constitue une violation flagrante du droit international, une nouvelle étape vers l'annexion totale de la Cisjordanie par Israël et un coup de pouce au projet de colonisation, dénonce un éditorial du journal israélien Haaretz. (cath.ch/mp)