Deux anciens employés de l’institut bancaire du Vatican – Institut pour les œuvres de religion (IOR) – qui ont perdu leur emploi après s’être mariés, ce qu’interdit le règlement interne de cette entité, ont intenté une action en justice auprès du petit État.
La première audience, à laquelle a assisté l’agence I.MEDIA, a eu lieu ce 30 janvier 2025 et a duré une cinquantaine de minutes.
Les plaignants, Silvia Carucci et Domenico Fabiani, présents sur les bancs du petit tribunal au sein des murs léonins, ont expliqué engager une procédure pour harcèlement et demandent des dommages et intérêts pour le préjudice causé par la cessation de leur contrat. Le cas de ces deux anciens collègues de l’IOR, structure qui compte un peu plus d’une centaine d’employés sous la responsabilité du Français Jean-Baptiste de Franssu, avait défrayé la chronique ces derniers mois.
Nouveau règlement sur la parenté
Selon leur avocate Laura Sgrò – connue pour défendre plusieurs causes intentées contre le Vatican –, les deux époux qui ont contracté mariage le 31 août 2024, avaient annoncé leur union à leur employeur dès février de la même année. Or quelques mois plus tard, en mai 2024, a été rendu public un nouveau règlement interne interdisant «l’emploi de conjoints, de parents par le sang jusqu’au quatrième degré et de parents au premier et au deuxième degré» au sein du personnel de l’Institut.
Le texte prévoit la fin du contrat dans les 30 jours après la célébration d’un mariage entre collègues – y compris entre un employé de l’IOR et un employé d’autres services administratifs du Vatican –, sauf si l’un des deux époux démissionne de son propre chef. Selon une source interne à l’IOR consultée par I.MEDIA, les employés étaient déjà à connaissance de ce nouveau règlement et de cette clause depuis fin 2023.
Harcèlement moral?
Quoiqu’il en soit, pour le couple dont les deux membres venaient de vivre un parcours de reconnaissance de nullité de leurs premiers mariages, ce fut un nouveau coup de massue – comme il l’ont confié à la presse en marge du procès. Conformément à cette disposition interne, les deux époux ont perdu leur emploi le 1er octobre 2024, un mois après leur mariage.
Auprès du tribunal du Vatican, les anciens employés se disent avoir été victimes de harcèlement moral de la part de leurs supérieurs, s’appuyant notamment sur des certificats médicaux faisant état d’un préjudice psychologique. Leur défense assure que l’IOR ne leur a pas fait parvenir de propositions de conciliation.
L’institut bancaire déclare de son côté que les tentatives de dialogue et de trouver des solutions ont été refusées. L’entité souligne pour sa défense que le règlement sert à «sauvegarder l’indépendance, l’objectivité et l’égalité de traitement parmi le personnel». Elle fait valoir que dans le cas de ces deux employés, leurs postes respectifs pouvaient générer des conflits d’intérêts.
La prochaine audience à la cour présidée par le juge Venerando Marano a été fixée au 14 mars. Les deux époux ont en outre demandé que le pape François soit saisi de leur cause, requête que l’IOR a estimée «inadmissible» en cours de procès. (cath.ch/imedia/ak/rz)