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    Le rapport délicat entre vie privée et vie professionnelle au Vatican

    Lors de la deuxième audience du procès intenté par un couple ayant travaillé à l’institut bancaire du Vatican – Institut pour les œuvres de religion (IOR) –, le 14 mars 2025, plusieurs employés de cet organe ont admis avoir gardé leur poste tout en étant en situation «irrégulière» aux yeux de la morale chrétienne, ce qu’interdit le règlement.

    Au-delà du malaise provoqué dans la salle du tribunal, cette audience a mis le doigt sur le rapport délicat entre vie privée et vie professionnelle au sein du petit État.

    Les plaignants de cette action en justice, Silvia Carucci et Domenico Fabiani, qui ont perdu leur emploi après s’être mariés – ce qu’interdit le règlement interne de l’IOR pour éviter les conflits d’intérêts –, ont engagé une procédure pour harcèlement et demandent des dommages et intérêts pour le préjudice causé par la cessation de leur contrat. Le cas de ces deux anciens collègues de la structure qui compte un peu plus d’une centaine d’employés sous la responsabilité du Français Jean-Baptiste de Franssu, a défrayé la chronique ces derniers mois.

    Pas d’emploi pour les «parents»

    Après une première audience le 30 janvier 2025, leur avocate Laura Sgrò – connue pour défendre plusieurs causes intentées contre le Vatican –, a fait venir à la barre quatre employés de l’institut bancaire, anciens collègues du couple. Interrogés par les juges après avoir fait serment sur la Bible de s’en tenir à la vérité, ces témoins ont reconnu avoir gardé leur emploi malgré des incompatibilités avec le règlement. Deux ont confessé être séparés ou mariés civilement – et non religieusement – et deux ont admis avoir un lien de parentèle avec un autre employé du Vatican.

    Or, le règlement interne de l’IOR interdit «l’emploi de conjoints, de parents par le sang jusqu’au quatrième degré et de parents au premier et au deuxième degré» au sein du personnel. Le texte prévoit la fin du contrat dans les 30 jours après la célébration d’un mariage entre collègues – y compris entre un employé de l’IOR et un employé d’autres services administratifs du Vatican –, sauf si l’un des deux époux démissionne de son propre chef. Concernés par cette disposition et ayant communiqué officiellement leurs noces, les deux époux ont perdu leur emploi le 1er octobre dernier, un mois après leur mariage.

    Une gêne autour des situations personnelles?

    Plus largement, le cas a révélé un certain embarras au sein du Vatican, où le personnel est tenu à «une conduite religieuse et morale exemplaire, y compris dans la vie privée et familiale, conformément à la doctrine de l’Église» (Règlement de la Curie romaine, article 33). Le règlement du gouvernorat établit que «le comportement d’un employé dans sa vie privée, s’il est contraire aux principes de la foi et de la morale catholiques ou s’il porte atteinte à la dignité et à la bienséance du service rendu au Saint-Siège et à l’image des employés du gouvernorat, peut donner lieu à une procédure disciplinaire».

    Dans ce contexte, les témoignages exposant des employés de l’IOR dont le poste n’a pas été menacé malgré leur situation personnelle complexe, ont jeté un certain froid sur les bancs des défendeurs. Du côté des témoins, le malaise était palpable, manifestant la gêne entourant cette thématique. «Pour démontrer un traitement discriminatoire, il faut pouvoir démontrer que l’incompatibilité a été communiquée à l’IOR», a fait valoir l’avocat de l’institut.

    Pas un employeur comme les autres

    Un fonctionnaire d’un dicastère évoque à l’agence I.MEDIA le cas d’un ancien collègue qui était divorcé et remarié civilement. Pour l’Église, il s’agit d’une situation non conforme à la morale, puisque le mariage religieux est indissoluble et qu’une deuxième union signifierait un adultère. «Personne n’en parlait, on s’efforçait d’éviter le sujet», rapporte-t-il. Et d’expliquer: «Le Vatican n’est pas un employeur comme les autres, c’est aussi l’Église catholique qui a des principes moraux et doctrinaux.»

    Dans les bureaux, ce prêtre constate «une volonté d’être exemplaire» et «un fort attachement aux apparences». «On peut penser qu’il s’agit de vie privée et qu’un employeur ne doit pas s’en mêler, mais ce qui touche au mariage est de l’ordre institutionnel. Les 'scandales’ personnels rejaillissent sur l’institution», analyse-t-il. Même chose pour un religieux: «Il est arrivé que certains soient renvoyés pour leurs frasques personnelles.»

    Une praxis qui tend à disparaître?

    «Il n’y a pas de règle écrite mais la praxis est de ne pas embaucher de personnes en situation irrégulière», reconnaît un autre salarié du Saint-Siège. Il se souvient d’une collègue devenue mère hors mariage, dont les supérieurs ont mis plusieurs années à lui accorder un contrat à temps indéterminé. D’autres personnes ont été transférées d’un dicastère à l’autre, «car il est plus simple de cacher sa vie privée dans un nouvel environnement», ajoute-t-il.

    Tout dépend des supérieurs et de leur approche, tempère ce laïc. Il convient que cela peut engendrer un climat de dissimulation dans les services, et parle sans hésiter «d’hypocrisie et de doubles vies».

    Mais plusieurs autres employés notent une évolution ces dernières années. Aujourd’hui, «la vie 'normale’ des gens dans tous ses états est représentée au sein de mon dicastère sans que cela ne pose le moindre problème», affirme l’un d’eux. Et «si le Vatican ne gardait que les personnes dans des situations canoniques ou conjugales parfaitement rectilignes… il ne resterait plus personne», souligne un autre. (cath.ch/imedia/ak/rz)

    Deux ex-employés de l’IOR attaquent le Vatican en justice

    30/01/2025

    Deux ex-employés de l’IOR attaquent le Vatican en justice

    Deux anciens employés de l’institut bancaire du Vatican – Institut pour les œuvres de religion (IOR) – qui ont perdu leur emploi après s’être mariés, ce qu’interdit le règlement interne de cette entité, ont intenté une action en justice auprès du petit État

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