Un groupe de 'catholiques' tanzaniens a tenté, le 5 janvier 2026, de remettre au nonce apostolique «une pétition canonique formelle au Saint-Père» dans le but de demander des sanctions contre la Conférence des évêques pour ingérence dans la vie politique du pays. Selon les observateurs, il s’agit surtout d’une intimidation du parti au pouvoir.
Le 5 janvier, un groupe d’un centaine de personnes se définissant comme «membres de l'Église catholique» se sont présentées aux portes de la nonciature à Dar es Salaam pour remettre une pétition accusant l'archevêque du lieu, Mgr Jude Thaddaeus Ruwa'ichi, et le secrétaire de la Conférence épiscopale de Tanzanie (TEC), le Père Charles Kitima, d'ingérence dans la politique du pays. La première des quelque 120 signataires était Lucy Michael, secrétaire de la section jeunesse du Parti de la révolution au pouvoir.
Selon les sources de l’agence vaticane Fides, comme la nonciature se trouve en face d’un bâtiment des services des renseignements, les policiers en faction sont immédiatement intervenus et ont rapidement dispersé le groupe sans recourir à la violence.
Sur les réseaux sociaux, de sérieux doutes ont été émis quant à l'appartenance réelle à l'Église catholique des participants. Leurs tenues, leur attitude et les chants entonnés semblaient plutôt pentecôtistes.
Une tentative d’intimidation du parti au pouvoir
Pour les observateurs, cette initiative plutôt inhabituelle doit être considérée comme une réponse à la déclaration publiée par Conférence des évêques après la répression violente des manifestations du 29 octobre 2025 et les mesures de sécurité qui ont suivi, qui ont causé la mort de civils. Dans leur déclaration, les évêques ont condamné les meurtres, demandé que les responsabilités soient établies, réclamé une enquête indépendante et la restitution des corps des victimes à leurs familles.
Les manifestations visaient principalement la présidente sortante Samia Suluhu Hassan, réélue avec 97,66% des voix lors d'un scrutin dont les principaux candidats de l'opposition avaient été exclus. Le Père Charles Kitima, qui figurait parmi les personnes visées par la pétition, avait déjà été brutalement agressé au siège de la Conférence épiscopale à Dar es Salaam, le 30 avril dernier. (cath.ch/fides/mp)