La Cour pénale spéciale (CPS) sur la République centrafricaine a arrêté, le 20 mars 2025, le présumé commanditaire de l’attaque contre la cathédrale de Bangui, le 28 mai 2014. L’assaut avait coûté la vie à au moins 15 personnes.
Des hommes armés, soupçonnés d'appartenir à des milices musulmanes, ont attaqué l'église alors qu'elle abritait des civils déplacés par les violences de la guerre civile. Un prêtre de 76 ans, l’abbé Paul Emile Nzalé, et une quinzaine de personnes ont été tués pendant cette attaque. Le pays était alors en proie à des violences intercommunautaires, qui ont débuté en 2012. Une trentaine d'autres personnes avaient été blessées et quarante autres enlevées. «Le groupe d’hommes, lourdement armé, a d'abord lancé des grenades dans l'église avant d'ouvrir le feu sur les fidèles», a rappelé un témoin cité par Radio France internationale (RFI).
Probable crime de guerre et contre l’humanité
À la demande de la CPS, la police a arrêté un certain Mohamed Ali Fadoul, qui a été présenté, le lendemain (21 mars 2025) aux Juges d’instruction. Ceux-ci ont demandé son arrestation pour l’attaque contre la cathédrale. «Cette attaque a été organisée et mise en œuvre par les responsables de la milice d’autodéfense, a déclaré Gervais Bodagaï, chef de la cellule de communication de la CPS, à la radio locale Ndekeluka. La mort du prêtre est un crime de guerre et les meurtres des personnes sont des éléments constitutifs à la fois, de crime de guerre et de crime contre l’humanité.» Il a ajouté que l’attaque visait spécifiquement «à anéantir une communauté religieuse dans un lieu de culte et pendant le culte».
Dans un geste symbolique fort, le pape François avait ouvert à Bangui, en 2015, la Porte sainte du Jubilé extraordinaire de la Miséricorde.
Si les violences perdurent en Centrafrique, elles ont largement diminué d’intensité depuis 2021. (cath.ch/ibc/ag/rz)