Le pape Léon XIV a décidé de la fusion de deux diocèses chinois en un nouveau diocèse, celui de Zhangjiakou, et y a nommé un évêque, Mgr Wang Zhengui, annonce le Bureau de presse du Saint-Siège le 10 septembre 2025.
Le premier diocèse supprimé par le Saint-Siège, celui de Xiwanzi, n’avait pas d’évêque depuis la mort de Mgr Andrew Hao Jinli en 2011. Ce membre de l’Église clandestine qui avait passé plus de vingt ans en prison et camp de rééducation n’avait jamais été reconnu par l’Association patriotique chinoise, l’organe officiel de l’Église catholique en Chine, qui est contrôlé par le Parti communiste et n’est pas reconnu par Rome.
Dans le diocèse de Xuanhua, la situation est complexe puisqu’il y a un évêque en place, Mgr Augustin Cui Tai, nommé évêque coadjuteur de l’évêque membre de l’Église clandestine Thomas Zhao Ke-xun par Benoît XVI en 2013. À la mort de Mgr Zhao en 2018, Mgr Cui a donc pris sa suite, mais il est emprisonné par la police locale depuis 2020, ayant refusé, selon le site Bitter Winter, de se faire reconnaître par l’Association patriotique.
Mgr Cui a 75 ans, soit l’âge de la retraite, et le site catholique Asia News affirme qu’une note interne au diocèse a annoncé qu’il se retirait pour cette raison. Son nom n’est cependant pas mentionné dans le communiqué du Saint-Siège ni dans celui de l’Association patriotique chinoise. Interrogé par I.MEDIA sur la situation actuelle de Mgr Cui, le Saint-Siège n’a pas répondu pour le moment.
Une décision «pastorale» selon Rome
La plus grande partie des territoires des diocèses de Xiwanzi et Xuanhua, tous les deux fondés en 1946 par Pie XI, ont été rassemblés le 8 juillet dernier en un seul nouveau diocèse, nommé Zhangjiakou. Une petite portion a été incorporée par les diocèses voisins de Pékin et Jining. Zhangjiakou, ville-préfecture du Hebei de plus de 4 millions d’habitants, située à l'est de la Chine, abritait déjà la cathédrale du diocèse de Xiwanzi. Le Saint-Siège affirme que le nouveau diocèse compte 85’000 fidèles servis par 89 prêtres.
Le communiqué du Saint-Siège explique que cette nouvelle délimitation territoriale vient se conformer à celle de l’administration chinoise, et répond au désir de Léon XIV de «promouvoir la pastorale du troupeau du Seigneur et de veiller plus efficacement à son bien spirituel». Elle se conforme à la délimitation adoptée par l’Association patriotique en 1980.
Léon XIV a «approuvé la candidature» du nouvel évêque, Wang Zhengui, qui a été ordonné ce 10 septembre après avoir été reconnu par le Saint-Siège dans le cadre de l’accord sur les nominations épiscopales de 2018. Ce texte, dont les termes sont encore secrets aujourd’hui, prévoit que le pape ait le dernier mot concernant les consécrations des nouveaux évêques sur le territoire chinois. Il a été renouvelé pour quatre ans, le 22 octobre dernier.
Un nouvel évêque désavoué par le Vatican en 2019
Selon le site Asia News, Wang Zhengui était installé de longue date à Zhangjiakou comme prêtre responsable de la communauté catholique par l’Association patriotique. En 2019, soit un an après la signature de l’accord sur la nomination des évêques entre Pékin et Rome, le cardinal Fernando Filoni, préfet de la congrégation pour l’Évangélisation des peuples, avait publié une lettre décrivant ce diocèse comme «illégal» en rappelant que seul le Saint-Siège pouvait ériger des diocèses. Dans ce courrier publié en partie par Asianews, il demandait au Père Wang d’obéir à son évêque, Mgr Cui.
Né en 1962, Mgr Wang Zhengui a été un des premiers prêtres formés au séminaire provincial de Hebei, une institution créée en 1984 par l’Association patriotique. Ordonné en 1990 pour le diocèse de Xianxian, il a ensuite rejoint le diocèse de Xuanhua.
Selon Asia News, le Père Ma Yanen, qui était à la tête du territoire du diocèse de Xiwanzi au nom de l’Association patriotique, devrait être nommé prochainement évêque auxiliaire du nouveau diocèse de Zhangjiakou. (cath.ch/imedia/cd/bh)