Les chefs des différentes confessions religieuses des régions anglophones sécessionnistes de Bamenda (Nord-Ouest) et de Buea, (Sud-Ouest) du Cameroun se sont dits disposés à faciliter un dialogue entre le gouvernement et les séparatistes de l'Ambazonie.
Les Ambazoniens, un groupe rebelle armé mène depuis 2017, une guerre pour l’indépendance de ces deux régions anglophones, communément appelées NOSO (Nord-ouest et Sud-ouest). Ce conflit a fait depuis plus de 7’000 morts dont des religieux.
Intervenant, au nom des autres dirigeants religieux des deux régions, le 18 mars 2025 , Mgr Andrew Fuanya Nkea, évêque de Bamenda, a souligné la nécessité d’un dialogue entre les deux parties. Le président de la Conférence épiscopale du Cameroun (CENC) s’exprimait à l’occasion de la sixième la réunion du Comité de suivi du Grand dialogue national (GDN) à Yaoundé, présidée par le Premier ministre Joseph Dion Ngute.
Le prélat a rappelé que même les plus grandes guerres qu’étaient les Première et Seconde Guerres mondiales ont pris fin par la négociation et le dialogue, autour d’une table. “Les Ambazoniens sont prêts pour ce dialogue constructif, et nous, en tant que leaders religieux, pouvons le faciliter”, a-t-il déclaré, dans son discours, rapporté l’agence de presse catholique ACI Afrique. Il a reconnu "des progrès modestes" dans la gestion du conflit, déplorant toutefois, la persistance "des enlèvements et des meurtres" par les séparatistes.
Pour le Chef du gouvernement Joseph Dion Ngute, depuis l’institutionnalisation de GDN, il y a six ans, plus de 3’500 ex-combattants ont été formés dans les centres de démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR). Les activités agricoles ont repris, un plan présidentiel de reconstruction et de développement des régions du NOSO (PPRD), bras armé de l'Etat pour "redonner vie et vitalité" à cette partie du pays, a été mis en place. Il a permis la promotion de la cohésion sociale, la réhabilitation des infrastructures, et la revitalisation de l'économie locale. (cath.ch/ibc/mp)