« Le fondement d’une spiritualité de l’écologie intégrale » se trouve dans le récit de la mort et de la résurrection du Christ, a expliqué le pape lors de l’audience générale du 19 novembre 2025. Dans le contexte de la COP30 organisée au Brésil, Léon XIV s’est situé dans la filiation du pape François en reliant la fidélité à l’Évangile à l’engagement pour la défense de l’environnement.
La méditation du pape, toujours dans la série des catéchèses consacrées à «Jésus-Christ notre espérance», était centrée sur le thème «Spiritualité pascale et écologie intégrale». Cet enseignement s’est tenu sur la place Saint-Pierre sous un frais soleil automnal, devant des milliers de fidèles, dont certains entonnaient le chant populaire La Guadalupana au lendemain des déclarations du pape annonçant son projet de visiter le sanctuaire de Notre-Dame de Guadalupe, au Mexique.
Léon XIV s’est arrêté sur les paroles du Christ lors de son apparition à Marie-Madeleine, au matin de Pâques : « Pourquoi pleures-tu ? Qui cherches-tu ? ». Il a expliqué que cette question demeure pertinente face aux difficultés du monde actuel, car « on ne peut pas relever seul les défis, et les larmes sont un don de vie lorsqu’elles purifient nos yeux et libèrent notre regard ».
Le pape a délivré une interprétation originale du malentendu initial relaté dans les Évangiles, lorsqu’en pleurant près du tombeau vide, « Marie-Madeleine ne reconnut pas immédiatement Jésus ressuscité, mais pensa qu’il s’agissait du gardien du jardin ». Le pape a estimé qu’en réalité, elle n’avait pas « tout à fait tort » de le prendre pour le gardien, car effectivement, « cultiver et garder le jardin est la tâche originelle que Jésus a portée à son accomplissement », en cohérence avec la mission confiée par Dieu à l’homme dans le récit de la Genèse.
Un esprit contemplatif pour garantir la survie de l’humanité
Léon XIV s’est appuyé sur l’encyclique du pape François Laudato sì pour rappeler « l’extrême nécessité d’un regard contemplatif : s’il n’est pas le gardien du jardin, l’être humain en devient le destructeur ». Il a souligné que l’espérance chrétienne apporte une réponse aux « défis auxquels l’humanité tout entière est aujourd’hui confrontée, en s’arrêtant dans le jardin où le Crucifié a été déposé comme une semence, pour ressusciter et porter beaucoup de fruits ».
« La mort et la résurrection de Jésus sont ainsi le fondement d’une spiritualité de l’écologie intégrale, en dehors de laquelle les paroles de la foi restent sans prise sur la réalité et les paroles des sciences restent en dehors du cœur », a assuré Léon XIV. Dans la lignée de son prédécesseur argentin, le pontife américano-péruvien a appelé à « une conversion écologique, que les chrétiens ne peuvent séparer du changement de cap que leur demande de suivre Jésus ».
Ce changement concret, « qui commence dans le cœur et qui est spirituel, modifie l’histoire, nous engage publiquement, active la solidarité qui, dès à présent, protège les personnes et les créatures de la convoitise des loups », a insisté Léon XIV.
Le pape a donc exhorté les catholiques à rejoindre les « millions de jeunes et d’autres hommes et femmes de bonne volonté qui ont entendu le cri des pauvres et de la terre en laissant leur cœur s’en émouvoir ». Il a aussi rendu hommage à ceux qui, souvent sans faire de bruit, construisent « à travers une relation plus directe avec la création, une nouvelle harmonie qui les conduise au-delà de tant de déchirures ».
« Que l’Esprit nous donne la capacité d’écouter la voix de ceux qui n’ont pas de voix », a-t-il exhorté. « Nous verrons alors ce que nos yeux ne voient pas encore : ce jardin, ou Paradis, vers lequel nous allons seulement en accueillant et en accomplissant chacun notre propre tâche », a assuré Léon XIV.
2e Journée mondiale des enfants en septembre 2026
Le pape Léon XIV a en outre annoncé que la Journée mondiale des enfants se tiendra à Rome du 25 au 27 septembre 2026 . Le pontife a exprimé sa « joie » de rencontrer des enfants lors de la seconde édition de ce rassemblement organisé pour la première fois par le pape François en 2024, avec environ 50.000 participants. À la différence des Journées mondiales de la jeunesse qui ont lieu tous les trois ans, la Journée mondiale des enfants est un événement biennal. Lors de la dernière édition, 90% des enfants participants étaient Italiens, mais 101 nationalités étaient représentées.
Par un rescrit publié en août dernier, le pape avait placé l’organisation de cette Journée, jusqu’alors complètement autonome, sous la direction du dicastère pour les Laïcs, la famille et la vie, l’entité qui s’occupe aussi des Journées mondiales de la jeunesse. (cath.ch/imedia/cv/mp)