Reprenant le 30 juillet 2025 les audiences générales après sa pause estivale à Castel Gandolfo, Léon XIV s’est spécialement tourné vers ceux qui se sentent incompris dans un monde hyperconnecté. Il les a encouragés à ne pas "s’enfermer dans le silence" dans une réaction de fuite mais à retrouver une communication «honnête et prudente".
Les audiences générales ont repris après la pause du mois de juillet. Après avoir fait un tour en papamobile dans la foule, le pontife a prononcé une catéchèse, dans laquelle il a déploré un monde «traversé par un climat de violence et de haine qui porte atteinte à la dignité humaine". Il a diagnostiqué une société "qui tombe malade à cause d’une 'boulimie’ des connexions des réseaux sociaux". Et de glisser: "Nous sommes hyperconnectés, bombardés d’images, parfois même fausses ou déformées".
À ceux qui, submergés par "une tempête d’émotions contradictoires" à cause de la déferlante numérique, ont envie de tout éteindre et de s’enfermer dans une incommunicabilité, le pape a averti: "Se fermer n’est jamais une solution".
Léon XIV s’est inspiré d’un récit de l’Évangile de Marc présentant un sourd-muet guéri par Jésus. Dans cet homme, il a vu le symbole de celui qui a "décidé de ne plus parler parce qu’il ne se sentait pas compris, et de devenir muet parce qu’il était resté déçu et blessé par ce qu’il avait entendu". Jésus, a-t-il souligné, utilise le mot araméen "effatà", pour lui signifier cet encouragement: «Ouvre-toi à ce monde qui t’effraie! Ouvre-toi aux relations qui t’ont déçu! Ouvre-toi à la vie que tu as renoncé à affronter!».
Afin de recommencer à pouvoir exprimer les choses les plus simples et les plus profondes et d’ éviter de blesser les autres avec nos paroles, Léon XIV a encouragé les chrétiens à demander à Dieu de guérir notre façon de communiquer. Il a appelé de ses vœux une communication honnête et prudente.
Le 267e pape a aussi averti le catholique que "pour devenir disciples de Jésus, il n’y a pas de raccourcis". Pour le connaître, a-t-il ajouté, "il faut rester avec Lui et passer aussi par sa Passion", le voir "humilié et souffrant" et faire l’expérience "de la puissance salvifique de sa Croix".
Raviver "l’esprit d’Helsinki"
«Aujourd’hui, plus que jamais, il est indispensable de sauvegarder l’esprit d’Helsinki», a déclaré Léon XIV à l’issue à l’occasion du 50e anniversaire des accords signés pendant la Guerre froide. Le pontife a aussi, une nouvelle fois, exprimé sa «douleur profonde» concernant l’attaque terroriste qui, le 26 juillet dernier, a entraîné la mort de 40 catholiques en République démocratique du Congo (RDC), appelant les responsables politiques à prévenir les violences anti-chrétiennes.À l’occasion du 50e anniversaire du document final des accords d’Helsinki (1975), qui sera célébré ce 1er août, le pape a rappelé le rôle clé joué par l’Église dans ces négociations, notamment avec Mgr Agostino Casaroli, secrétaire d’État de Jean Paul II entre 1979 et 1990. Il avait présidé cette conférence pour la sécurité et la coopération rassemblant des pays des blocs de l’Ouest et de l’Est dans un contexte de Guerre froide.
Cette conférence, a affirmé Léon XIV, avait ouvert une nouvelle saison géopolitique en favorisant le rapprochement des nations, et en promouvant la liberté religieuse.«Aujourd’hui, plus que jamais, il est indispensable de sauvegarder l’esprit d’Helsinki, de persévérer dans le dialogue, de renforcer la collaboration et de faire de la diplomatie la voie privilégiée pour prévenir et résoudre les conflits», a plaidé le pape. Il n’a pas explicitement cité la Russie et l’Ukraine, mais a promu la paix «de Vancouver à Vladivostok», reprenant l’expression employée lors de la conférence de 1975.
Prévenir les violences contre les chrétiens
Pour la troisième fois en quelques jours, Léon XIV a exprimé sa douleur profonde à propos de l’attaque contre des fidèles de la paroisse Bienheureuse-Anuarite de Komanda, dans la province de l’Ituri, au nord-est de la RDC. Quarante personnes ont trouvé la mort. Confiant à Dieu les victimes, le pape a prié pour les blessés et pour toutes les personnes qui, partout dans le monde, «continuent à souffrir de violences et persécutions». Il a exhorté les responsables locaux, nationaux et internationaux à collaborer pour «prévenir des tragédies de ce genre». (cath.ch/imedia/ak/cd/mp)