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    Conclave-Cardinaux

    Au seuil du conclave, comment se compose le collège cardinalice?

    Depuis la mort du pape François, le 21 avril 2025, les cardinaux du monde entier ont gagné Rome afin de préparer l’élection de son successeur. À la veille du conclave, l’agence I.MEDIA détaille les caractéristiques de l’actuel collège électeur qui porte la marque du pontificat de François: plus international, moins occidental, moins italien et davantage tourné vers le Sud et les périphéries.

    Méthode: Pour être électeur lors d’un conclave, un cardinal doit avoir eu moins de 80 ans le jour de la mort du pontife. Un cas à part est celui du cardinal Angelo Becciu, 76 ans, à qui le pape François a retiré le droit de participer à l’élection – il ne figure donc pas dans les statistiques. Ces statistiques prennent aussi en compte l’absence de deux cardinaux électeurs: le Kenyan John Njue et l’Espagnol Antonio Cañizares Llovera, qui n’entreront pas dans la chapelle Sixtine pour des raisons de santé.

    1- Un collège électeur largement modelé par François

    La très grande majorité des cardinaux qui choisiront le prochain pape ont été créés par le pape François. En l’espace de douze ans, le pape argentin a convoqué dix consistoires, ces célébrations durant lesquelles il leur a remis la barrette cardinalice, le fameux chapeau carré rouge avec des rabats rigides. En tout, il a nommé 133 cardinaux mais certains ne sont plus électeurs ou ne l’étaient déjà pas lors de leur création, pour raison d’âge. Pour ce conclave, le collège électeur compte 108 cardinaux (81,2 %) créés par le pape argentin.

    Papes-Cardinaux
    Papes-Cardinaux
    Pour ce conclave, le collège électeur compte 108 cardinaux (81,2%) créés par le pape François | © I.Media

    Lors du conclave de 2013, les cardinaux créés par Benoît XVI ne représentaient que 59% du total. En 2005, tous les cardinaux avaient été créés par Jean Paul II durant son long pontificat de plus de 26 ans, à l’exception de deux cardinaux créés par Paul VI, dont le cardinal Joseph Ratzinger, futur Benoît XVI.

    Ce conclave de 2025 comptera vingt cardinaux créés par Benoît XVI. Il reste encore cinq cardinaux électeurs choisis par Jean Paul II: le cardinal bosnien Vinko Puljic, le cardinal français Philippe Barbarin, le cardinal hongrois Péter Erdö, le cardinal croate Josip Bozanic et le cardinal ghanéen Peter Turkson. Ils participeront donc à leur troisième conclave.

    2- L’Italie toujours en tête au conclave malgré un net recul

    Le pays le plus représenté dans ce conclave sera une nouvelle fois l’Italie. Avec 17 cardinaux électeurs, le pays dans lequel est enclavé le Vatican et dont le pape est le primat représente 12% des effectifs du collège. Et même un peu plus si on considère que deux cardinaux ayant le passeport italien ne sont pas comptabilisés comme tels: le préfet apostolique d’Oulan-Bator, le cardinal Giorgio Marengo, considéré comme un représentant de la Mongolie, et le cardinal Pierbattista Pizzaballa, patriarche de Jérusalem, rattaché à la «Terre sainte».

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    Le pays le plus représenté dans ce conclave sera une nouvelle fois l’Italie | © I.Media

    Cependant, l’Italie n’a jamais été aussi peu représentée au sein du Sacré collège. En 1958, lors du conclave qui a abouti à l’élection de Jean XXIII, les cardinaux italiens n’étaient là aussi que 17, mais pour 51 cardinaux en tout (soit 1/3). Cette fois-ci, ils ne comptent que pour 12% du collège cardinalice, soit la moitié de la part qu’ils représentaient en 2013.

    Cette baisse est structurelle depuis le début du XXe siècle, hormis les légers rebonds observés lors des pontificats de Jean XXIII et de Benoît XVI. Elle a participé à l’élection de trois papes non-Italiens de suite, du jamais vu depuis la période avignonnaise, au XIVe siècle.

    Les Italiens ne sont pas les seuls à perdre de l’influence: si les États-Unis restent le deuxième pays le plus représenté dans le collège cardinalice, ils ont un cardinal électeur en moins et 2 points de pourcentage en moins par rapport à 2013. Douze ans après la fin du pontificat de Benoît XVI, les Allemands sont aussi moins nombreux, avec seulement 3 cardinaux, soit deux de moins qu’en 2013.

    Cardinaux-américains
    Cardinaux-américains
    Les États-Unis restent le deuxième pays le plus représenté dans le collège cardinalice | © I.Media

    Avec cinq cardinaux électeurs, la France, en revanche, connaît un léger rebond après avoir atteint son plus faible poids en 2013. À noter en outre que le cardinal Jean-Paul Vesco, archevêque d’Alger, a la double nationalité franco-algérienne mais est comptabilisé comme algérien par le Saint-Siège.

    La France est devancée uniquement par l’Italie, les États-Unis et le Brésil, pays avec la plus importante population catholique au monde et qui compte sept cardinaux. Viennent ensuite six pays avec quatre électeurs: le Portugal, l’Espagne, le Canada, l’Inde, l’Argentine et la Pologne.

    3- L’Occident en perte de vitesse, l’Asie comme nouvelle force

    Le continent le plus représenté dans ce conclave reste l’Europe: 39% des cardinaux viennent du Vieux Continent, soit une baisse spectaculaire par rapport au conclave de 2013 – cinq cardinaux de moins et 13 points de pourcentage en moins. Il s’agit non seulement d’un des effets de la 'désitalianisation' du collège cardinalice, mais aussi d’un élan vers les autres continents.

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    Cardinaux-Continents
    Le continent le plus représenté dans ce conclave reste l’Europe: 39% | © I.Media

    Le continent américain stabilise sa deuxième place dans le collège cardinalice (près de 28%), mais penche désormais beaucoup plus au sud. L’Amérique du Nord perd ainsi deux points de pourcentage, et l’Amérique centrale régresse légèrement. Au contraire, la part des cardinaux venus d’Amérique du Sud est passée de 11% à 13% sous le pontificat du pape argentin.

    Le continent qui a indéniablement le plus progressé en douze ans est l’Asie, dont la part au sein du collège cardinalice a presque doublé depuis 2013, passant de 9% à 17% en comptant le Moyen-Orient. Le pape François – qui rêvait dans sa jeunesse de devenir missionnaire au Japon – a accordé une importance toute particulière à ce continent qui pèse désormais plus que chacun des sous-continents américains et ou bien que l’Afrique. À l’intérieur du continent asiatique, le Moyen-Orient a aussi légèrement accru son poids en passant d’un à trois cardinaux.

    Continents-conclaves
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    Le continent qui a indéniablement le plus progressé en douze ans est l’Asie | © I.Media

    L’Afrique, continent où l’Église catholique connaît actuellement la plus forte croissance, a aussi progressé au sein du Sacré collège, mais moins que l’Asie. On peut aussi noter la présence inédite de quatre cardinaux de l’Océanie, venant d’Australie, de Nouvelle-Zélande, des îles Tonga et de Papouasie-Nouvelle-Guinée.

    4- Une Curie romaine moins influente

    Le pontificat de François aura aussi été marqué par un phénomène de décentralisation du collège cardinalice, qui s’est manifesté par une diminution du nombre de cardinaux électeurs membres de la Curie, l’administration centrale de l’Église catholique à Rome.

    Moins d’un cardinal électeur sur quatre – 24% – est en poste à la Curie romaine ou en est un ancien membre à la retraite. Il s’agit d’une perte d’influence significative pour les cardinaux vivant à Rome, si on compare la situation actuelle à celle du conclave de 2013.

    En 2013, près de 35% des électeurs appartenaient à la Curie romaine. En 2005, l’équilibre était plus proche de celui observé actuellement, avec un peu plus de 25% de membres résidant à Rome.

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    Moins d’un cardinal électeur sur quatre – 24% – est en poste à la Curie romaine | © I.Media

    À noter que dans le collège cardinalice actuel, un cardinal n’est ni rattaché à la Curie ni à un diocèse: le cardinal britannique Timothy Radcliffe, ancien supérieur des dominicains. Il est aussi le seul à ne pas être évêque.

    5- Des cardinaux des périphéries

    Cette décentralisation a aussi été accélérée par la volonté du pape François de mettre en avant une Église des périphéries. Cela se manifeste par la présence de 17 cardinaux électeurs créés par le pontife argentin venant de pays où personne n’avait jamais porté la barrette cardinalice auparavant.

    Parmi ces pays se trouvant sur tous les continents, on compte la Mongolie, la Suède, la Papouasie-Nouvelle-Guinée, le Paraguay, l’Iran ou encore les îles Tonga. Mais l’ouverture du collège aux périphéries par le pape François ne s’est pas limitée aux nouveaux pays, le pape mettant à mal le principe des «sièges cardinalices».

    Ainsi, certains «grands» diocèses traditionnellement pourvoyeurs de cardinaux s’en trouvent aujourd’hui dépourvus : c’est par exemple le cas de Los Angeles et de San Francisco aux États-Unis, de Lyon et de Paris en France, de Cracovie en Pologne ou de Milan et Venise en Italie. Le pape François a même préféré créer cardinal un évêque d’un diocèse suffragant de celui de Milan en choisissant le cardinal Oscar Cantoni, évêque de Côme, aux dépens de l’archevêque de Milan Mgr Mario Delpini.

    6- Des cardinaux qui se connaissent peu

    Au sein du collège cardinalice, quatre cardinaux sur dix portent la pourpre depuis moins de cinq ans, et près des deux tiers depuis moins de 10 ans. En moyenne, ils sont cardinaux depuis six ans et demi. 21 cardinaux électeurs ont été créés par le pape François lors de son dernier consistoire en décembre 2024. Le cardinal Puljic, archevêque émérite de Sarajevo, est le cardinal avec le plus d’ancienneté puisqu’il a été créé en 1994 par Jean-Paul II, soit il y a 31 ans.

    En dehors de ceux qui travaillent à la Curie romaine, les cardinaux ont eu peu d’occasion de se rencontrer : le pape François a peu réuni son collège pendant son pontificat. Une soixantaine de cardinaux ont toutefois participé au Synode sur la synodalité, en octobre 2023 et en octobre 2024. Ces derniers jours, nombre de cardinaux ont insisté sur l’importance d’apprendre à se connaître en amont du conclave.

    7- Une très relative jeunesse

    Le pape François a légèrement rajeuni le collège cardinalice. Sa moyenne d’âge est d’un peu moins de 70 ans, soit une baisse par rapport aux deux autres conclaves du XXIe siècle – environ 72 ans de moyenne d’âge. Les conclaves du XXe siècle ont connu des moyennes d’âge nettement plus basses ou nettement plus hautes. Pour comprendre les fluctuations, il faut prendre en compte la création de la règle interdisant aux octogénaires de participer au conclave par Paul VI en 1975, ainsi que l’augmentation de l’espérance de vie dans la seconde moitié du XXe siècle.

    Age-Cardinaux
    Age-Cardinaux
    François a légèrement rajeuni le collège cardinalice. Sa moyenne d’âge est d’un peu moins de 70 ans | © I.Media

    Le cardinal Mykola Bychok, évêque de l’Église gréco-catholique ukrainienne basé en Australie et benjamin du collège cardinalice, est le seul quadragénaire du conclave. Quinze cardinaux, soit un peu plus de 11% du total, ont moins de 60 ans.

    En haut de l’échelle des âges, le cardinal Carlos Osoro Sierra, archevêque émérite de Madrid, est le plus anciens du collège électeur: il doit en effet célébrer son 80e anniversaire le 16 mai prochain. Plus de 40% des cardinaux électeurs ont 75 ans ou plus. Les sexagénaires sont un peu moins d’un tiers des effectifs.

    8- Des cardinaux très «religieux»

    Enfin, le collège compte 33 cardinaux appartenant à un ordre religieux. Il s’agit d’un record. L’ordre religieux le plus représenté est celui des salésiens, avec cinq membres. Les différentes familles franciscaines (frère mineur, conventuel, capucin) totalisent huit membres.

    Parmi les autres familles religieuses, 17 en tout, on compte des dominicains, des jésuites, un bénédictin, un scalabrinien ou encore un spiritain. Élu pape en 2013, le cardinal Bergoglio était le premier jésuite à occuper le siège de Pierre. (cath.ch/imedia/cd/bh)

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