L’Église catholique reconnaît le martyre de cinquante Français, clercs et laïcs, tués par le régime nazi pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces “Martyrs de l’apostolat”, dont la cause collective avait été ouverte en 1988 à Paris, devraient être béatifiés prochainement.
Le site officiel du dicastère pour les Causes des saints explique que ces 50 vénérables ont tous consacré leur apostolat aux ouvriers français envoyés en territoire allemand par le régime de Vichy, dans le cadre du Service du Travail Obligatoire. Partis Outre-Rhin pour les soutenir, encouragés par l’archevêque de Paris, le cardinal Emmanuel Suhard, ils furent arrêtés pour activités subversives contre le Troisième Reich, torturés et mis à mort principalement dans des camps de concentration, précise Rome.
Ces catholiques français sont morts «en haine de la foi» – selon la formule consacrée pour les martyres – entre 1944 et 1945, dans divers régions allemandes (Cologne-Rhénanie, Saxe et Anhalt, Thuringe, Berlin, Brunswick, Silésie, Bade-Wurtemberg, Sudètes) ainsi qu’en Autriche. Leurs décrets ont été validés ce vendredi matin par Léon XIV lors d’une audience avec le cardinal Marcello Semeraro, préfet du dicastère pour les Causes des saints.
Le Vatican dénombre quatre religieux franciscains, neuf prêtres diocésains, trois séminaristes morts dans les camps de concentration de Buchenwald, de Zöschen de Dachau et de Mauthausen. Ils sont morts de maladie, de faim, torturés, décapités ou, pour certains, d’épuisement dans les longues «marches de la mort».
De nombreux «jocistes» – membres de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne – ont participé à cette «aumônerie clandestine» pour les ouvriers. Le Vatican publie 19 noms appartenant à ce mouvement. Quatorze membres du mouvement des Scouts de France sont également recensés dans la liste.
Enfin, le doyen de cette liste est un jésuite, Victor Dillard (1897-1945), décédé au camp de concentration de Dachau à l’âge de 47 ans. Les cinquante martyrs pourront à présent être béatifiés, car la reconnaissance de leur martyre les dispense du «miracle» – guérison extraordinaire attribuée à leur intercession – habituellement exigé pour une béatification. (cath.ch/imedia/ak/bh)