consacrée à la réinsertion sociale des ex-détenus
"La véritable punition commence une fois sorti de prison"
Zurich, 14novembre(APIC) Caritas suisse et la "Paulus Akademie" se sont
récemment penchées sur le problème de l’exécution des peines. Au cours
d’une session tenue à Zurich et consacrée à "La libération, les difficultés
d’un nouveau départ", les deux organismes se sont préoccupés de la marginalisation sociale de l’ex-détenu. Une marginalisation qu’il faut prévenir
par des mesures de réinsertion sociale qui doivent être appliquées, ont-ils
relevé, pendant la détention même, en expliquant que les détenus ont besoin
de plus de tolérance dans la société.
La session organisée l’an dernier propageait l’idée du travail d’intérêt
général comme peine de substitution aux peines privatives de liberté de
courte durée. Caritas suisse et la "Paulus Akademie" ont cette année assuré
la continuité par le thème proposé. De nombreux ex-détenus sont en effet
confrontés à des difficultés bien plus grandes en dehors de la prison qu’ à
l’intérieur. Des difficultés ainsi résumées par un ex-détenu: "La véritable
punition commence une fois qu’on est dehors".
Pénurie de logement, dettes, problèmes d’alcool et de travail, mais surtout difficultés relationnelles sont, semble-t-il, autant de barrières insurmontables auxquelles sont confrontés de nombreux ex-détenus dès qu’ils
quittent la prison. Pour remédier à cette situation, Margrit Höhener, responsable du service bénévole du service social de la Direction de la justice du canton de Zurich revendique un encadrement avant, pendant et
après l’emprisonnement. Elle souligne que la principale tâche commence en
réalité après la remise en liberté, quand la peine est certes purgée, mais
pas pour autant terminée.
Dans le canton de Zurich, Margrit Höhener dispose d’environ 150 bénévoles qui aident les ex-détenus à se réintégrer dans la société. L’expérience
prouve qu’il est très important que les bénévoles et les détenus nouent déjà les premiers contacts avant avant la fin de la détention, dans le but de
créer une solide base de confiance, affirme-t-elle.
Eviter la marginalisation
Des procédés juridiques sont cependant indispensables pour assurer et
encourager la réinsertion. Joseph Jutzet, chef du service de l’exécution
des peines du canton de Fribourg, a relevé pour sa part que "si l’on n’excluait pas d’abord de la société les personnes condamnées à une peine, il
n’y aurait pas à les réintégrer avec autant de difficultés ensuite!"
Les cantons de Fribourg et de Vaud ont introduit une nouvelle forme de
semi-liberté permettant aux détenus de travailler à l’extérieur pendant la
semaine et de passer les week-ends en liberté. Joseph Jutzet a préconisé
l’extension de ce modèle aux cantons de Suisse alémanique.
Construction de logements par l’Etat
Au cours de ces deux journées, les groupes de travail ont formulé différents postulats qui ont ensuite été approuvés au terme de la session: le
travail d’information sur la problématique de l’exécution des peines doit
être amélioré; l’Etat doit mettre des logements à la disposition des ex-détenus; il faut améliorer le statut des bénévoles afin de leur permettre de
mieux accomplir leur travail d’encadrement; améliorer la coordination entre
les différents services et les assistants (es) qui s’occupent de détenus et
d’ex-détenus. (apic/com/pr)