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    Zurich: retour de Bosnie de la délégation des évêques suisses (070493)

    "Deux jours avec des martyrs!", témoigne Mgr Mamie

    Zurich, 7avril(APIC) "Je ne reviens pas de l’enfer bosniaque. Je viens de

    passer deux jours avec des martyrs. Car en enfer, il n’y a pas de martyrs".

    C’est en ces termes que Mgr Pierre Mamie, visiblement ému a relaté, à son

    retour à Zurich, de son voyage de deux jours en Bosnie, dans le diocèse de

    Banja Luka, région sous le contrôle des Serbes de Bosnie. Le président de

    la Conférence des évêques suisses a précisé qu’il n’y a pas que les catholiques qui sont victimes de ce martyre, mais aussi les musulmans. 80 % des

    églises sont détruites, et plus aucun minaret n’est debout.

    Mgr Mamie et le Père Roland-B. Trauffer, mandatés par la Conférence des

    évêques suisses CES), ont pu passer par "chance" à travers les barrages et

    obtenir les autorisations nécessaires. "Le cardinal Etchegaray, que nous

    avons rencontré, a été refoulé, explique Mgr Mamie, alors qu’il ne venait

    que pour prier et rien d’autre dans cette période de Pâques." "Or c’est le

    cardinal Etchagaray lui-même qui m’avait dit la semaine dernière à Fribourg

    (lors d’un congrès à l’Université) d’aller à Banja Luka." Sur place Mgr Mamie et le Père Trauffer ont pu rencontrer, outre Mgr Franjo Komarica, évêque du lieu, des représentants des catholiques, des musulmans et des orthodoxes ainsi que de nombreuses personnalités civiles.

    Les catholiques et les musulmans sont chassés systématiquement de la région de Banja Luka. Mgr Komarica dans de nombreux appels au secours depuis

    l’été dernier, affirme que les Serbes font tout pour vider les catholiques

    de son diocèse, souligne Mgr Mamie. En détruisant les églises, c’est le

    lieu privilégié des croyants que l’ont détruit. Mgr Mamie relève cependant

    que dans d’autres régions, l’exode se fait en sens inverse et ce sont les

    Serbes qui sont expulsés.

    "Il y a beaucoup de blessés partout, ajoute Mgr Mamie. Il faudra longtemps pour cicatriser ces blessures, tant au plan physique qu’au plan psychique". A trois jours de Pâques, Mgr Mamie, à la cathédrale de Banja Luka,

    a voulu apporter l’espoir de la résurrection. Pour la CES, ce voyage est un

    réel signe de solidarité.

    Mgr Mamie a également été frappé par l’absence dans les églises et ailleurs des enfants et des hommes: "Ou sont-ils?" L’évocation du témoignage

    de soeurs "maltraitées par des soldats une nuit entière" provoque une profonde émotion dans la voix de l’évêque qui a été marqué par leur force et

    de leur courage pour répondre à la violence sans amertume.

    Abordant des questions concrètes, la délégation a pu constater combien

    l’aide apportée par Caritas est indispensable. Elle seule permet souvent

    aux gens de ne pas prendre les routes de l’exil, souligne le Père Trauffer.

    Mgr Mamie a salué en outre le travail des casques bleus, jordaniens et

    népalais, croisés sur les routes. "Pourquoi pas de Suisses?" s’interroge-til, avant d’affirmer son désir de rencontrer un membre du Conseil

    fédéral et des réprésentants du CICR. (apic/pr/mp)

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