Zurich: lancement d’une initiative cantonale (190193)
Ferme opposition des Eglises
Zurich, 19janvier(APIC) L’initiative cantonale pour la séparation de
l’Eglise et de l’Etat à Zurich, dont on parle depuis plus d’un an, a été
lancée officiellement mardi. La Commission centrale catholique romaine du
canton de Zurich et le Conseil de l’Eglise évangélique réformée ont immédiatement fait connaître leur opposition à ce projet. Ils estiment que la
situation établie par la loi écclésiastique de 1963 est satisfaisante et
correspond à la tradition zurichoise. Une telle séparation avait été refusée par le peuple en 1977, refus confirmé en 1980 lors d’un vote fédéral.
Le comité d’initiative, présidé par le radical Kurt Egloff, ancien municipal de la ville de Zurich, réclame une séparation totale de l’Eglise et
de l’Etat. Il constate qu’un nombre grandissant de fidèles quittent les
Eglises, de sorte qu’elles ne peuvent plus être au bénéfice de la situation
privilégiée de corporations de droit public. La cause: les Eglises ont négligé leurs devoirs spirituels pour trop s’occuper du temporel (politique).
Seule une séparation de l’Eglise et de l’Etat peut permettre le renouvellement nécessaire et assurer l’égalité entre toutes les communautés religieuses, estiment les initiants. L’initiative prévoit un délai de dix ans pour
rendre effective cette séparation. L’article 64 de la Constitution cantonale devrait être modifié ainsi: "L’Etat et l’Eglise sont séparés. Les dispositions du droit privé sont valables pour toutes les communautés religieuses."
Les catholiques zurichois ont immédiatement réagi par un communiqué. La
Commission centrale catholique romaine souligne l’apport important des
Eglises dans la vie de la société, ceci dans les domaines éthique, social
et caritatif, aussi bien que dans le domaine proprement religieux. Basée
sur le principe de l’amour du prochain, l’Eglise a un rôle important pour
l’intégration dans la société.
La Commission centrale remarque ensuite que l’initiative mettrait fin à
un système qui a fait ses preuves jusqu’à présent. La loi de 1963 par la
création de communes ecclésiastiques a renforcé l’intégration des catholiques dans la vie zurichoise et permis le travail des laïcs au sein des
communautés.
La disparition de l’impôt ecclésiastique obligatoire pour les personnes
physiques et les personnes morales, priverait les Eglises de la plus grande
part de leurs ressources. De nombreux services et institutions d’Eglise
risqueraient d’être supprimés ou devraient être repris par l’Etat, avertissent les catholiques. Sur le plan juridique les Eglises seraient raménés au
rang d’organisations de droit privé, ce qui les affaiblirait et ferait
vraissemblablement perdre aux communautés leur droit de regard pour la nomination des curés.
Même son de cloche de la part du Conseil de l’Eglise évangélique réformée qui, outre les arguments semblables, rappelle que les rapports entre
l’Eglise et l’Etat remontent à Zurich au réformateur Ulrich Zwingli et
qu’ils ont perduré jusqu’à présent. L’Eglise évangélique réformée veut être
une Eglise du peuple et entend le rester en apportant ses services à la société par l’annonce de la Parole de Dieu, l’enseignement des enfants et de
la jeunesse ou encore ses oeuvres sociales et ceci sans acception de personne, souligne le Conseil. La "privatisation" des Eglises voulue par les
inititiants abaisserait les communautés ecclésiales, et pourrait les amener
à limiter leurs services, jusqu’à présent ouverts à tous, aux seuls membres
inscrits de la communauté, signalent les protestants. (apic/com/mp)