Zurich : La presse catholique en assemblée générale (180689)
Zurich, 18juin(APIC) L’histoire des relations entre l’Eglise catholique
et le monde moderne a commencé par un malentendu tout simplement tragique,
a déclaré vendredi à Zurich le P. jésuite Wolfgang Seibel, rédacteur de la
revue "Stimmen der Zeit" à Munich, dans un exposé à tenu à l’occasion de
l’assemblée générale de la Ligue catholique suisse pour la presse. Le même
jour se tenait également au Centre 66 les assemblées générales de l’agence
APIC, de l’Association des éditeurs catholiques et de l’Association des
journalistes catholiques suisses.
Toutes ces organisations ont exprimé leurs inquiétudes face au futur incertain des hebdomadaires catholiques "Sonntag" et "Echo Illustré" devenus
la propriété de Jean Frey AG à Zurich à la suite du rachat en mars dernier
de Walter Verlag AG à Olten. A l’occasion de son assemblée générale, la Ligue a accordé 25’000 francs à l’agence APIC pour la mise sur pied d’une
banque de données électronique et 30’000 francs en faveur de la revue pour
la jeunesse "Tut".
Le P. Seibel, qui est également directeur de l’Institut pour la promotion des jeunes journalistes à Munich, a montré que l’Eglise, ou tout au
moins ses responsables, ont mis très longtemps à se réconcilier avec les
notions de liberté et de droits de l’homme, "qui sont en fin de compte
d’origine chrétienne". C’est le Concile Vatican II qui a finalement réconcilié l’Eglise avec le monde moderne, a-t-il souligné : il était devenu
évident que la tradition et le dogme n’étaient pas suffisants pour résoudre
les problèmes de l’époque actuelle. C’est alors que l’on a parlé de "reconnaître les signes des temps" et de trouver la vérité dans le dialogue. A
son avis, à l’heure actuelle, il semble que l’on veuille revenir en arrière
et que Rome favorise même ouvertement les forces conservatrices.
Face à cette situation, affirme-t-il, il est important pour les journalistes catholiques de rechercher la vérité dans le dialogue et de "reconnaître les signes des temps", d’apporter leur contribution dans le sens de
l’Evangile pour que la société soit plus humaine. Et c’est, souligne-t-il,
l’Instruction pastorale de 1971 "Communio et Progressio" du pape Paul VI
qui sert de guide. Elle mentionne la nécessité vitale pour l’Eglise d’une
opinion publique, la liberté d’expression de tous les catholiques et la
nécessité d’un flux mutuel, large et permanent des informations. Il faut
absolument suivre ces impératifs du Concile Vatican II, a-t-il encore tenu
à souligner. Concernant la Déclaration de Cologne, il estime que c’est la
publicité qui a été faite à son contenu qui a fait bouger les choses, "car
si l’on suit la voie de service, les interpellations restent dans les tiroirs" à Rome, à l’instar de celles faites par trois facultés de théologies
dirigées par les jésuites (Francfort, Munich et Innsbruck). (apic/be)