Zurich: l’initiative cantonale pour la (120793)
11’200 signatures approuvent
Zurich, 12juillet(APIC) L’initiative cantonale zurichoise pour la séparation de l’Eglise et de l’Etat, lancée en janvier 1993, a été déposée le 12
juillet à Zurich. Quelque 11’200 signatures approuvent cette séparation, a
déclaré lundi à l’APIC Ulrich Schlüer, membre du comité d’initiative. Le
peuple devrait se prononcer sur la question dans trois ans au plus tard.
La récolte de près de 11’200 signatures n’a pas provoqué l’enthousiasme
de la Commission centrale catholique romaine et de l’Eglise évangélique réformée du canton de Zurich, réticents à une initiative qui réclame une séparation totale de l’Eglise et de l’Etat et qui renvoie les Eglises au statut de droit privé appliqué pour les sociétés et les fondations.
D’être acceptée par le peuple, cette initiative priverait entre autres
les deux Eglises d’une importante partie de leurs ressources: l’impôt ecclésiastique obligatoire pour les personnes physiques et les personnes morales. Aussi craignent-elles que de nombreux services dans le domaine de la
diaconie, de la liturgie et de l’annonce de l’Evangile ne puissent plus
être accomplis.
Le comité d’initiative, sous la présidence de l’ancien Conseiller municipal zurichois, le libéral Kurt Egloff, avait souligné, au moment du lancement de l’initiative, que les Eglises du pays seraient aujourd’hui, au
sein de la population, moins représentative que par le passé. Arguant de
plus que leur "situation privilégiée de corporations bénéficiants du droit
public ne se justifiait plus". Les Eglises, selon le comité d’initiative,
ont négligé leurs devoirs spirituels.
Ernst Rutz, chargé de presse de la Commission centrale catholique romaine de Zurich, regrette que Zurich se trouve maintenant confronté à un scrutin aussi important, cela "au moment où nous pouvons construire du nouveau
avec l’évêque auxiliaire Peter Henrici". La Commission centrale entend préserver la reconnaissance juridique officielle de l’Eglise catholique, obtenue en 1963 à Zurich.
Même son de cloche du côté de l’Eglise évangélique réformée du canton de
Zurich. Son président, le pasteur Ernst Meili, a déclaré lundi à l’APIC,
que son Conseil aura à coeur de montrer le sens de l’Eglise, par les temps
qui courent, avec son service pour le peuple. "Nous nous engagerons pour
maintenir ces services à l’avenir."
Si l’initiative, qui prévoit un délai de dix ans pour rendre effective
la séparation de l’Eglise et de l’Etat, était acceptée par le peuple, Zurich deviendrait le canton suisse où cette séparation serait appliquée de
la manière la plus conséquente. Le peuple avait refusé une telle séparation
en 1977. Refus encore confirmé par le vote fédéral de 1980. (apic/gbr/cb)