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    catholiques suisses élit un nouveau président

    Zurich: L’Association des Journalistes (230691)

    Les Eglises de l’Est à la croisée des chemins

    Zurich, 23juin(APIC) L’Association des Journalistes catholiques suisses

    (AJCS) a élu samedi à Zurich un nouveau président au cours de son assemblée

    générale annuelle qui avait choisi pour thème de réflexion les tensions interreligieuses en Europe de l’Est. C’est Markus Buenzli-Buob, rédacteur de

    l’"Angelus", l’hebdomadaire de l’Eglise catholique de Bienne et environs,

    qui présidera désormais l’AJCS. Il remplace le Fribourgeois Walter Buchs,

    responsable du Bureau d’information "Foi et Economie", qui a occupé cette

    charge durant 8 ans.

    Un romand, André Kolly, directeur du Centre catholique de radio et télévision (CCRT) à Lausanne, fait son entrée au Comité de l’AJCS en compagnie

    de Vladimir Pilman, de la rédaction de l’"Ostschweiz" (St-Gall), et d’Alois

    Schuler, de Radio DRS (Bâle). Ils remplacent le président sortant ainsi que

    Martin Brodbeck (Basler Zeitung, Bâle) et Peter Müller (Der Sonntag), qui

    se retirent pour des motifs professionnels. On a appris à cette occasion

    que Peter Müller quittait cet été son poste de rédacteur en chef de l’hebdomadaire familial catholique "Sonntag" pour retourner travailler dans la

    pastorale.

    Après la guerre contre la religion, la guerre entre les religions ?

    Dans son exposé intitulé "L’Europe de l’Est : après la guerre contre la

    religion, la guerre entre les religions ?", le professeur E. Bryner, nouveau directeur de l’Institut de recherche sur les Eglises de l’Est "Glaube

    in der 2. Welt" à Zollikon (ZH), a relevé les ambiguïtés et les dangers du

    mélange entre militantisme nationaliste et religion. Ainsi par exemple en

    Géorgie, avec la perestroïka, l’Eglise connaît un renouveau remarquable qui

    se combine souvent avec des motifs nationaux et on retrouve aussi des

    références religieuses dans le discours de certains partis politiques, pour

    lesquels dans la situation actuelle "la Géorgie redécouvre son âme". C’est

    ainsi que les baptêmes de masse dans le fleuve Koura ne peuvent s’expliquer

    uniquement par des motifs religieux.

    En Russie, il y a de nombreux partis et groupes politiques qui se réfèrent aux sentiments religieux, aux pensées slavophiles d’avant la Révolution de 1917, et prônent même les idées monarchistes. Le mouvement russe

    "Pamjat" (Mémoire) - fondé en 1985, il compterait deux millions de membres

    dans une quarantaine de villes - combine ainsi le nationalisme russe avec

    une pensée orthodoxe étroite et véhicule des relents d’antisémitisme. En

    Roumanie, un mouvement du même type, "Vatra Romaneasca", a aussi fait parler de lui en réclamant "les droits pour les Roumains de Transylvanie". Ce

    mouvement mélange également nationalisme roumain et héritage orthodoxe roumain.

    Dans ce pays, où l’Eglise gréco-catholique (uniate) est à nouveau légale

    depuis la chute du régime Ceaucescu, les catholiques de rite byzantin subissent souvent de telles pressions psychologiques, voire des agressions

    physiques, qu’ils n’osent pas quitter le giron de l’Eglise orthodoxe roumaine, dans laquelle ils ont été intégrés de force en 1948. Cette identification entre religion et nation - qui fut durement réprimée durant la dictature communiste - suscite aussi des inquiétudes en Ukraine, où les bagarres violentes entre fidèles de différentes confessions pour le contrôle des

    édifices religieux ne sont pas rares.

    La renaissance en Ukraine de l’Eglise gréco-catholique (rattachée de

    force au Patriarcat orthodoxe de Moscou en 1946), aux côtés de l’Eglise orthodoxe ukrainienne autocéphale (liquidée dans les années 30 par Staline),

    qui tentent d’évincer de la région l’Eglise orthodoxe russe, a mis à rude

    épreuve un dialogue oecuménique entre catholiques et orthodoxes qui ne

    s’était que récemment institutionnalisé. Pour illustrer la complexité du

    problème, le professeur Bryner avait commencé son exposé en citant le point

    de vue du superintendant de l’Eglise méthodiste en Pologne.

    Cette Eglise minoritaire regrette paradoxalement que les communistes ne

    soient plus au pouvoir pour protéger ses droits face à une Eglise catholique romaine plus forte que jamais et faisant preuve d’intolérance au niveau

    local. Le théologien protestant voulait montrer par cet exemple extrême

    que, pour les Eglises minoritaires, la chute du communisme signifie certes

    la fin de la persécution religieuse de la part d’un Etat athéiste, mais

    n’inaugure pas forcément une ère de coexistence fraternelle entre les confessions. (apic/be)

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