La vague de tourisme du sexe grossit
Zurich, 1eravril(APIC) La prostitution enfantine prend des proportions
inquiétantes dans le monde. L’organisation ECPAT (End Child Prostitution in
Asian Tourism), active dans une vingtaine de pays et regroupant quelques
300 organisations sociales et ecclésiales, a lancé le 31 mars une "Journnée
internationale contre la prostitution enfantine. Contrairement à l’Allemagne, la Suisse ne songe pas pour le moment à créer une législation permettant de punir les personnes coupables d’abus sexuels contre des enfants à
l’étranger, a dénoncé l’organisation lors d’une conférence de presse à Zurich.
La Thailande a servi d’exemple pour illustrer ce fléau de la prostitution enfantine. Chaque année quelques 75’000 Suisses visitent ce pays, dont
une part sont expressément intéressés par le tourisme sexuel. On compte à
Pattaya quelque 30’000 à 40’000 prostituées plus quelque 6’500 enfants. Il
n’existe pas de statistiques concernant le phénomène, explique la Thaïlandaise Lampa Wattanasunton, qui travaille dans un centre d’accueil et de
formation pour les prostituées. Les chiffres varient de 50’000 à 800’000
enfants et jeunes de moins de 16 ans, actifs dans le commerce du sexe.
"Avilir nos enfants par la prostitution revient à avilir l’avenir", avertit
Mme Wattanasunton.
les raisons de la prostitition sont à chercher dans la pauvreté qui
pousse les parents à vendre leurs enfants. Un esprit matérialiste croissant
est ausi une des cause de ce trafic. Lampa Wattanasunton cite le cas d’une
mère qui a vendu sa fille pour acheter un téléviseur. Par crainte du sida,
les clients cherchent des prostituées de plus en plus jeunes qui présentent
moins de risque d’être infectées par le virus HIV.
Les autorités thailandaises, conscientes de la situation, ont établi en
vain des lois fixant l’âge de protection des jeunes à 18 ans. "Mais nous ne
pouvons résoudre seuls le problème. Nous voulons collaborer avec les gens
en Europe" remarque Mme Wattanasunton.
En Allemagne. le gouvernement fédéral a l’intention de punir les violences sexuelles commises contre des enfants par des ressortissants à l’étranger. En Suisse on ne songe pas pour l’instant à de telles msesures. Des accords bilatéraux sont nécessaires entre les pays pour pouvoir poursuivre
les auteurs d’abus sexuels contre des enfants, ont encore souligné les organisateurs. (apic/gs/mp)