Tensions autour du bulletin paroissial des catholiques zurichois
Zurich 9septembre(APIC), Georg Rimann, rédacteur en chef du bulletin
paroissial catholique zurichois "Forum" quittera ses fonctions à fin
février 1993. Sa collaboratrice, Ursula Von Arx, a quant à elle donné sa
démission pour fin novembre 1992. Ces départs sont liés à la situation
financière délicate de l’hebdomadaire catholique tiré à 90’000 exemplaires.
La question de la dotation en personnel de la rédaction et les prises de
positions controversées de Mme Arx sont également au centre du débat.
Pour le président de l’Association du bulletin paroissial, l’abbé Luzius
Huber, les économies forcées au sein de la rédaction et la situation dans
le diocèse de Coire sont pour un rédacteur une véritable jonglerie. Reste
que ces démissions constituent une surprise pour les responsables du
bulletin.
Malgré le renouvellement de la formule le 31 mars 1991, très apprécié
par les lecteurs, "Forum" s’est rapidement trouvé confronté à des difficultés financières. Des 90’000 exemplaires, 31’000 sont vendus par abonnement,
les autres étant distribués gratuitement dans les paroisses qui en assument
le coût. En décembre 1991, le Synode de l’Eglise catholique du canton de
Zurich a décidé de réduire sa contribution au "Forum" de 500’000 francs en
passant de 2,1 millions de francs à 1,6 millions de francs. Pour l’année
1993, on prévoit une limitation de l’aide à 1,5 million de francs.
Ces mesures d’économie ont causé des tensions entre la rédaction du
journal et les diverses instances responsables. Certains remettent en question la rédaction composée de 5 personnes et prônent la création d’un ’neoforum’ plus modeste. Le comité d’édition, dans un communiqué diffusé mercredi, affirme regretter ces deux démissions mais également en comprendre
les raisons.
Un climat d’insécurité insupportable
Georg Rimann, a expliqué à l’agence APIC les motifs de son retrait. Le
principal est la pression des économies qui a amené un "climat d’insécurité
qui n’est pas supportable à long terme". La pression repose toujours sur un
rédacteur en chef, mais quand le concept général lui-même est constamment
remis en question - "tous les trois jours je m’entendais dire que la rédaction était trop grande" - cela n’est plus possible, a-t-il ajouté.
Ursula Von Arx, de son côté, a déclaré à l’APIC que cette décision "lui
faisait mal". "Mais j’ai devancé le licenciement qui me menaçait", a-t-elle
précisé. Sa participation le 2 juin dernier à l’émission de la TV alémanique "Club Sendung" et ses prises de position sur la pénitence, la morale
sexuelle, les relations précongugales et les structures de l’Eglise ont
suscité de vives critiques, "mais surtout des remarques positives", précise-t-elle. Des pressions auraient alors été exercées pour la faire démissionner. Ce que l’abbé Luzius Huber, président de l’Asssociation du bulletin paroissial a catégoriquement nié: "Nous n’avons aucun intérêt à apporter des difficultés au sein de la rédaction dans cette phase difficile". Le
comité de l’Association a dit unanimement ’non’ au licenciement d’Ursula
Von Arx, explique-t-il. Quant au comité d’édition il n’a pas pris position
sur cette question, la démission de Mme Von Arx étant parvenue avant sa séance du 8 septembre. Il s’agit dans les deux cas "de décisions personnelles" a déclaré l’abbé Luzius Huber. (apic/gs/mp)