Zurich: conférence de presse de la Province suisse des Jésuites (041090)
Zurich, 4octobre(APIC) L’engagement pour la justice et l’option préférentielle pour les pauvres demandée par le pape Jean Paul II alliées à une
grande mobilité sont des aspects importants de la vie et du travail des Jésuites en Suisse et dans le monde entier. Cet engagement se heurte à des
difficultés provenant des responsables politiques ou de la hiérarchie. Cependant, a souligné le Père Josef Bruhin, ancien provincial, lors d’une
conférence de presse tenue mardi à Zurich par les Jésuites de la Province
de Suisse pour l’ouverture de l’"Année ignatienne": "Nous soutenons les 38
Jésuites qui ont perdu la vie" en luttant dans cette optique.
Le Père Pierre Emonet, provincial, malade, était absent à la conférence
de presse, organisée à l’occasion du 450e anniversaire de la fondation de
la Compagnie de Jésus et du 500e anniversaire de la naissance de son fondateur, saint Ignace de Loyola.
Le Père Bruhin a commencé par évoquer quelques résultats de la première
"Congrégation des Provinciaux", qui a réuni le 27 septembre à Loyola (Espagne) les quatre-vingt-quatre provinciaux jésuites sur les thèmes: Foi,
justice et nouvelle évangélisation. Le Père Bruhin a souligné à ce propos
que s’engager aux côtés des pauvres signifie "s’exposer à des conflits soit
avec les responsables politiques, soit avec la hiérarchie".
Les Jésuites ont affirmé au cours de la conférence de presse qu’ils considéraient la diminution des effectifs à l’intérieur de la Compagnie - elle
compte aujourd’hui 26’000 membres - comme leur plus grand problème. La collaboration avec les laïcs est nécessaire, comme à Villars-sur-Glâne, près
de Fribourg, où ceux-ci assurent le bon fonctionnement de la maison de retraites et de sessions "Notre-Dame de la Route". Le Père Bruhin a relevé
que les Jésuites suisses se laissent guider, dans le choix de leurs engagements, par "l’urgence de la tâche", ordonnée à un "bien-être plus grand".
Mais, a-t-il ajouté, "Il est très difficile de renoncer aux institutions".
Le Père Nicolas Brantschen, directeur d’études et professeur de zen, a
expliqué la spiritualité particulière des Jésuites et a fait voir combien
les intuitions de saint Ignace pouvaient être comparées aux expériences des
maîtres du zen. Les "Exercices spirituels", rédigés par le fondateur de la
Compagnie, permettent de faire la même expérience de Dieu que lui. Les protestants, a ajouté le Père Brantschen, sont très ouverts aux retraites dans
l’esprit de saint Ignace; à Schönbrunn et dans la "maison du silence" de
Kappeln am Albis, se pratiquent d’ailleurs déjà des "exercices oecuméniques".
Le Père Hans Schaller, aumônier d’étudiants à Zurich, a exposé les difficultés du travail avec les étudiants, qui considèrent souvent l’université comme une "gare de transit" indispensable. L’ignorance religieuse est
très grande, a-t-il souligné. Concrètement, les Jésuites proposent aux jeunes des possibilités de se détendre et de se former, les aident à répondre
à leurs questions sur la foi et le sens de la vie et organisent des conférences à Zurich afin d’y garder vivant l’esprit ignacien.
Les Jésuites ont rappelé à l’occasion de la conférence de presse qu’ils
sont présents dans les médias. Ils éditent, outre leur propre revue missionnaire "IHS", deux revues: "Orientierung" (15’000 exemplaires), distribuée dans toute la Suisse alémanique, et "Choisir" (3’500 exemplaires) pour
la Suisse romande. Lieux de dialogue de l’Eglise avec la modernité, elles
traitent toutes deux des problèmes actuels de l’Eglise, de la théologie et
de la société. (apic/oe/cor)